Le directeur général des affaires judiciaire et juridique au ministère de la justice, Abdelhafid Djerir, a déclaré hier que le ministère était prêt «à réétudier les recours formulés par les magistrats concernés par les dernières décisions prises par le conseil supérieur de la magistrature (CSM), pour rétablir certains cas sociaux», tout en regrettant que les magistrats agissent en violation des lois, eux qui sont censés veiller à leur respect.Le conflit entre le ministère de la justice et les magistrats entame sa deuxième semaine, le bras de fer semble être engagé par voie de communiqués interposés et, pour le directeur général des affaires judiciaire et juridique au ministère de la justice, le dialogue reste ouvert avec le syndicat, soulignant que le ministère comprend «les revendications socioprofessionnelles des magistrats», invitant le SNM «à dialoguer pour trouver, d'un commun accord, les solutions qui arrangent et les magistrats et la chancellerie». Il déclare en outre comprendre «la détresse» dans laquelle ont été placés les magistrats, tout comme la justesse de leurs revendications socioprofessionnelles.
En «commun accord», poursuit-il, des solutions seront trouvées entre eux et le ministère, relevant que certaines revendications ne sont pas précises et que lors des discussions avec le SNM, les aspects salariaux et les conditions de travail étaient mis en avant. Poursuivant sa plaidoirie, M. Abdelhafid Djerir a qualifié la grève des magistrats de «rébellion» et d'acte de «désobéissance civile».
L'intervenant sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale a relevé également le non-respect des règles d'une grève par les magistrats en n'assurant pas le service minimum.
Quant au timing choisi pour le mouvement qui avait déclenché la colère des juges, le DG a précisé qu'il s'agissait, tout d'abord, d'un mouvement ordinaire qui était ficelé depuis la fin du mois d'août dernier avant même la convocation du corps électoral.
Poursuivant son commentaire sur la situation de conflit qui prévaut actuellement, l'intervenant s'est interrogé «sur les motifs réels de certains magistrats non touchés par le mouvement mais qui observent la grève en guise de solidarité avec leurs collègues mutés à leur demande même». «Il est insensé que des magistrats fassent grève pour soutenir des magistrats mutés pour avoir passé plusieurs années dans la même juridiction», a-t-il expliqué avant de renseigner sur les 1 297 demandes de mutation formulées par les magistrats mêmes et que pas moins de 300 demandes de mutation ont été faites par des magistrats qui voulaient travailler sur Alger, Boumerdès ou Tipasa.
Qualifiant le mouvement des magistrats de rébellion, le représentant du ministère de la Justice a averti : «Cette situation peut dégénérer à tout moment et pour cela, nous appelons les magistrats à plus de raison et de responsabilité.» Et d'ajouter : «Nous accordons ce qui s'est passé mais dans un cadre de dialogue, nous sommes disposés à dialoguer avec le SNM qui doit faire confiance au nouveau staff du ministère pour dialoguer sereinement en vue de trouver des solutions qui arrangent tout le monde», lança-t-il.
Ilhem Tir
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ilhem Tir
Source : www.lesoirdalgerie.com