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Les artisans de Boumerdès réclament un texte de loi



Les artisans se considèrent marginalisés et estiment que la promulgation d'un texte de loi leur permettra de prendre part aux soumissions et aux appels d'offres des organismes publics et leur offrira, du coup, la possibilité d'accéder à des plans de charges.Ils sont près de 7 000 artisans, dont 5 000 en activité, inscrits à l'indicatif de la Chambre de l'artisanat et des métiers de la wilaya de Boumerdès à dénoncer l'absence d'un texte de loi régissant leur activité. Un texte qui leur permettra de prendre part aux soumissions et aux appels d'offres des organismes publics et de leur offrir, du coup, la possibilité d'accéder à des plans de charges.
Un état de fait qualifié par les concernés d'"exclusion qui contribue énormément à la précarité de leur situation". Selon Mohamed Charef, président du bureau de wilaya de Boumerdès de la Fédération nationale des artisans et des métiers (FNAM), ces derniers "peinent à préserver leurs métiers et se sentent marginalisés devant l'impossibilité d'accès au financement et aux locaux pour exercer leur activité".
Abondant dans le même sens, M. Redouane Yamani, président de la Chambre de l'artisanat et des métiers, explique que "la qualification exigée lors des soumissions pour l'acquisition de plans de charges entrave l'artisan lors de l'attribution des marchés, alors que 20% des offres sont censés bénéficier de droit aux artisans, à l'image des entreprises Ansej".
"Malheureusement à Boumerdès, cette clause est ignorée. Nous avons porté cette revendication au niveau du ministère du Tourisme et de l'Artisanat, qui a confirmé que ce pourcentage existe et revient de droit à l'artisan, particulièrement dans les soumissions ayant trait au secteur du BTPH pour les artisans maçons, carreleurs et peintres. Il en va de même pour les projets initiés par les collectivités locales sur fonds de wilaya et ceux lancés dans le cadre des plans de développement communaux (PCD)", déplore-t-il.
Et à M. Yamani d'enchaîner : "L'artisan est marginalisé ; les pouvoirs publics doivent le réhabiliter à travers la mise en place d'une assise juridique, en l'intégrant dans le code des marchés publics. Notre objectif à moyen terme est d'aller vers la création d'entreprises artisanales afin d'endiguer ce handicap." Cette situation a d'ailleurs amené les représentants des artisans de Boumerdès à solliciter les pouvoirs publics pour leur venir en aide et prendre en charge leurs revendications, dont la promulgation d'un texte de loi donnant plus de perspectives d'essor à cette frange d'opérateurs économiques.
"Un soutien qui s'est manifesté lors de la crise sanitaire par l'octroi d'une aide financière de l'ordre de 90 000 DA, répartie en deux tranches pour chaque artisan. La pandémie de Covid-19 a constitué un frein pour eux car la plupart se sont retrouvés avec des stocks de marchandises non écoulées. C'est à ce titre d'ailleurs que nous organisons des caravanes à travers les communes pour leur permettre de commercialiser leurs produits.
L'une d'elles se tient, au moment où je vous parle, à Hammadi", affirme M. Yamani. Cela dit, la Chambre de l'artisanat et des métiers assure l'accompagnement et l'orientation de l'artisan, depuis le dépôt de son dossier jusqu'à la concrétisation de son projet, explique-t-il. "Nous intervenons aussi auprès des différents organismes Cnas et Casnos pour prendre en charge leurs doléances et les assister dans toute démarche.
La formation est un autre volet auquel la Chambre accorde toute l'importance. Elle est prise en charge et encadrée par des formateurs agréés par le Bureau international du travail. Nous travaillons également en étroite collaboration avec l'Angem pour permettre à nos adhérents de concrétiser leurs projets", détaille-t-il.

Aziz Boucebha
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