Boumerdes - A la une

Les aides du Fonal détournées '



Les aides du Fonal détournées '
La mauvaise gestion du dossier de l'aide à l'habitat rural commence à révéler ses conséquences dans la wilaya de Boumerdès.Outre les retards enregistrés dans l'avancement de ce programme financé par le Fonal (Fonds national d'aide au logement), de nombreux bénéficiaires auraient détourné la première tranche (420 000 DA), obtenue auprès de la Caisse nationale du logement (CNL), pour réaliser une habitation sur leur propre terrain. Les mesures prises par le ministère de l'Habitat en janvier 2016 pour alléger les procédures d'obtention de l'aide n'ont pas obtenu les résultats escomptés. Bien au contraire, la révision des modalités d'octroi des 700 000 DA aiguise l'appétit de certains souscripteurs malintentionnés.Selon le rapport présenté récemment par la direction du logement devant le conseil de l'exécutif, la wilaya a bénéficié de 21722 aides depuis 2002, dont 7972 dans le cadre du programme quinquennal en cours. Mais seules 12775 habitations rurales ont été réalisées, 6127 sont en cours de construction, alors que 2820 ne sont pas encore entamées. La même source fait état de 3773 personnes qui ont obtenu la première tranche de l'aide et qui ne se sont pas manifestées pour réclamer la seconde tranche (280 000 DA) afin d'achever leur construction. Le plus grand nombre a été enregistré à Timezrit, avec 393 demandeurs, qui n'auraient pas respecté le cahier des charges, 386 à Afir, 315 à Bordj Menaïel, 313 à Sidi Daoud, 308 à Sidi Daoud, 207 à Naciria. «Normalement, la réglementation leur accorde un délai de six mois pour consommer la première tranche.Or, certains ont dépassé ce délai de plusieurs mois. En l'absence de contrôle et de suivi, nombreux ceux qui ont dépensé l'argent de la CNL dans d'autres projets. Il y a même ceux qui en ont profité pour acheter un véhicule», témoigne un habitant de Timezrit. Cette localité rurale a obtenu un quota de 1281 aides depuis 2001, mais seuls 852 bénéficiaires avaient mené leur projet à terme.Le rapport de la direction du logement révèle que 393 autres tardent à retirer la deuxième tranche. «Auparavant, tout marchait très bien. L'aide était versée en trois tranches, dont la première (140 000 DA) n'était débloquée qu'après la réalisation des fondations. L'Etat exigeait des postulants d'entamer les travaux de fondations sur leurs propres fonds, puis il leur rembourse, après vérification de l'état d'avancement du chantier sur le terrain. Il y a deux ans, la troisième et dernière tranche n' était octroyée qu'après l'achèvement du projet. Maintenant, tout a changé. Depuis janvier 2016, la CNL verse 420 000 DA aux personnes éligibles dès qu'ils obtiennent le permis de construire auprès de l'APC. Donc c'est l'Etat qui a encouragé les gens à tricher et à détourner l'argent public», explique un cadre chargé du suivi et de l'exécution du programme.Que faire pour récupérer cet argent ' La direction du logement affirme avoir envoyé des mises en demeure à tous ceux qui n'ont pas formulé de demande pour obtenir la deuxième tranche de l'aide en les sommant d'achever leur projet dans les délais sous peine de les poursuivre en justice, menace-t-on. Cependant, eu égard à la bureaucratie et autres maux qui caractérisent le fonctionnement de l'administration locale, cette mesure risque d'être un coup d'épée dans l'eau.Pis encore, au lieu de revoir le mode d'octroi de l'aide, le ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme a envoyé une instruction le 13 novembre 2016 aux services concernés, en ordonnant le versement de la deuxième tranche à tous les souscripteurs qui ont réalisé la plate-forme et les poteaux. Or, auparavant, cette tranche n'est octroyée qu'après le coulage de la dalle et la construction des contours de l'habitation.
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