
La stratégie élaborée pour le secteur de l'habitat est "restée figée" et "n'a pas évolué" depuis les années 1970. Outre la typologie de logement qui n'a pas changé à travers les quatre régions du pays, la "majorité des grands ensembles immobiliers a été érigée sur du sol non constructible". À Alger, plus de 80% des logements ont été construits sur des "nids d'oueds, sur des sols lâches qui ne peuvent jamais absorber une onde sismique de plus de 6 sur l'échelle de Richter". L'on peut citer Oued Kaouch (Chéraga), Oued Beni Messous, Ouled Fayet... Pis, toutes ces cités ont été édifiées de manière réglementaire, c'est-à-dire avec un permis de construire, un certificat d'urbanisme et conformément au POS (plan d'occupation des sols)... Ce constat peu reluisant est établi par Abdelkrim Chelghoum, professeur en numérique et génie parasismique, à l'occasion de la Journée mondiale de l'habitat.Cette situation est due, selon lui, aux investigations techniques erronées et simplicités effectuées par les responsables concernés sans aucun contrôle approfondi. La grande surprise pour cet expert est le fait que l'on déterre des options abandonnées depuis les années 1980, à savoir le coffrage tunnel et la préfabrication lourde, et que l'on réutilise. Il s'agit, affirme-t-il, du procédé Pascal et du système Vario, utilisés il y a une vingtaine d'années par les sociétés Sonatiba et DNC dans leurs usines de Skikda, Sidi-Moussa... Or, ces systèmes sont déconseillés sur les zones sismiques, avoue le Pr Chelghoum qui, pour prouver ses dires, rappelle l'effondrement d'immeubles lors du séisme de mai 2003 à Boumerdès. En matière d'industrialisation du bâtiment, relève-t-il, "rien n'a été fait depuis 1970". Aucune évolution pour les matériaux tels que les isolateurs. L'on a maintenu, déplore Abdelkrim Chelghoum, le mode de construction avec le parpaing, la brique et le coulé sur place, pratiqué surtout par les Chinois.L'autre problématique évoquée par notre source a trait aux opérations de réhabilitation du vieux bâti des grandes métropoles qui date de la période colonial qu'il qualifie de "rafistolage qui a coûté des milliards sans résultats probants". "Les solutions résident d'abord dans les auscultations, les expertises plus poussées, avant d'enchaîner avec des actes de renforcement et de confortement de ces anciens édifices", relève-t-il. Pour le professeur, cette "navigation à vue" des responsables va accélérer le processus d'une catastrophe globale en cas d'une secousse sismique majeure.Face à une telle situation, l'universitaire demande la mise en place d'une "commission nationale indépendante par le président de la République pour faire la lumière sur tous les projets engagés et sur l'état de leur résistance ainsi que les coûts investis dans le souci de protéger les personnes et les biens dans notre pays".B. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badreddine KHRIS
Source : www.liberte-algerie.com