L'association Errahma d'aide aux cancéreux, que préside Malika Razi, a organisé une «journée d'information et de sensibilisation sur le cancer du sein et le Covid-19». Au lieu de discuter de la pathologie du cancer, une maladie très lourde, nous avons axé nos questions sur les aspects social et psychologique des familles des malades. Le soutien familial aux malades est parfois absent vu les conditions sociales difficiles, souvent pénibles que vivent ces familles.Madame Razi nous relate le cas d'une patiente qui l'a déstabilisée alors qu'elle en a vu d'autres. « Récemment, j'ai découvert dans la ville de Laârbatache le cas d'une femme qui vivait dans des conditions franchement inhumaines. Elle a perdu les deux seins. L'image de sa chair qui tombait en lambeaux est insupportable. Dans ses plaies, les vers étaient visibles. Son mari lui mentait. Il lui répétait qu'elle n'avait pas le cancer et qu'elle guérira. Il a fini par la répudier avec ses enfants. Elle a regagné le domicile parental alors que sa famille se débat dans un dénuement total. »
Zaïr, nous l'avons connue, il y a une dizaine d'années, c'était une femme politique très active. Samedi, lors de notre rencontre, nous ne l'avons pas reconnue. Le fardeau qu'elle porte est trop lourd pour ses épaules. Il l'a profondément usée. Et pour cause. Ses deux s?urs ont eu le cancer. L'une d'elle, le mal lui a attaqué le sein. Elle en est morte. Sa nièce est décédée elle aussi. Le mari de l'une d'elles n'a pas survécu a un cancer de l'estomac.
Elle nous présente une jeune fille de Zemmouri, dont l'histoire est dramatique et insoutenable. Son père souffre d'un cancer de la prostate à un stade avancé. Sa mère est aussi atteinte. Sa s?ur a des ganglions aux seins. Son unique frère a pris la mer dans une barque de fortune. Elle est seule à faire face à ce cauchemar. « C'est une universitaire. Nous lui cherchons un poste de travail qui pourrait l'aider à surmonter ses malheurs. Pour le moment, nous n'avons rien trouvé. »
Pour les organisateurs de cette journée, la pauvreté est un facteur aggravant de cette maladie. « Lorsqu'un malade n'a pas les moyens de payer une consultation, le mal le ronge et se développe très vite », estime madame Razi. « Certains malades viennent en retard, lorsque la maladie est à un stade avancé », signale le docteur Nour, médecin radiologue. La peur de découvrir la vérité et la question d'argent sont probablement les deux raisons qui empêchent les patients de consulter les spécialistes. Le cancer fait des ravages. Et le coronavirus est un mal aggravant. «Les services des hôpitaux sont centrés sur la lutte contre cette pandémie. Il y a aussi la rareté des médicaments. Les frontières sont fermées, les stocks commencent à s'épuiser», conclut la présidente de Errahma. Il y a lieu de rappeler que cette ONG, chapeautée par d'éminents spécialistes comme le professeur Bouzid, président d'honneur de cette association, est très active sur le terrain et lutte pour tous les patients quel que soit le type de cancer.
Les professeurs Okkal et Kanoun ainsi que d'autres spécialistes ont répondu présents à l'appel de l'association et se sont déplacés à Boumerdès pour participer, comme ils le font à chaque fois qu'ils sont sollicités, à la campagne de sensibilisation du plus grand nombre de citoyens à ce mal.
Abachi L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com