Les familles sinistrées ayant opté pour le programme d'aide à la construction font face à d'énormes problèmes pour réaliser leurs logements.
Le 10e anniversaire du séisme de mai 2013 a été commémoré encore dans des chalets par les 140 familles habitant les Coopératives de la cité du 11 décembre de Boumerdès. Une cité où on a enregistré une quarantaine de décès suite la catastrophe. Ces familles qui avaient opté pour l'aide à la reconstruction n'ont pas encore réussi à reconstruire leurs appartements. Contrairement à celles qui ont choisi d'être prises en charge dans le cadre du programme de relogement, qui ont quitté les chalets depuis plusieurs années.
Après avoir frappé à toutes les portes, de nombreux sinistrés de la cité ont observé, avant-hier, un sit-in devant la direction de l'OPGI à Boumerdès pour réclamer la relance des travaux de construction de leurs habitations, bloquées depuis plus d'un an à cause des problèmes de financement. Certains pères de familles avouent n'avoir pas pu s'acquitter des sommes d'argent exigées par le promoteur (l'OPGI) pour l'achèvement de leurs logements. Aujourd'hui, la plupart des blocs sont à l'arrêt. «En 2004, on nous a fixé le prix de l'appartement à 240 millions de centimes avec le garage. Deux ans plus tard, le montant a été porté à 320 millions. Mais certains parmi nous, notamment les retraités, ne peuvent pas payer et n'ont pu bénéficier d'un crédit bancaire», expliquent-ils.
Les protestataires demandent à l'Etat de dégager une aide supplémentaire pour débloquer la situation comme il l'a fait pour les sinistrés de la cité Ibn Khaldoun en 2011. «On dirait que nous nous sommes des citoyens de seconde zone. L'OPGI a refusé même d'autoriser les retraités à payer leur dettes par échéances ou sous forme de loyer après la réception de nos appartements», s'indignent-ils, avant de se plaindre de la dégradation de l'état des chalets. «Les chalets sont devenus inhabitables. Nos enfants ont tous contracté des maladies à cause de l'humidité», se plaint un quinquagénaire.
«Les autorités en charge de ce dossier sont restées de marbre à nos souffrances. Pour le moment, elles n'ont rien fait pour atténuer nos traumatismes et permettre à nos enfants de renouer avec l'espoir et vivre sous un toit décent», écrivent-ils dans une correspondance adressée au premier ministre. L'aide de l'Etat que nous attendons peut nous apporter un brin d'espoir, mais cela a été ignoré actuellement par les gestionnaires de l'OPGI et ce malgré les directives émises par le gouvernement récemment, poursuivent-ils. Ce qui ajoute à la détresse de ces familles c'est le refus qui leur été signifié par les banques pour une éventuelle aide pour mettre un terme au blocage de leur projet. Certains soulignent que même les blocs (37 et 38) des acquéreurs qui avaient payé la totalité de l'apport personnel sont à l'arrêt.
Le wali de Boumerdès a affirmé récemment que l'OPGI ne peut pas attendre ces familles sinistrées éternellement, précisant que ceux qui ne vont pas s'acquitter de leur part en matière de financement seront mis en demeure de le faire. Ce genre de problèmes est rencontré également au niveau de la cité des 40 logements de Tidjellabine où le taux d'avancement des travaux dépasse les 60%. Selon nos sources, le promoteur privé désigné par les sinistrés fait face à d'énormes contraintes en raison notamment des problèmes de financement.
À la cité des 60 logements de la cité Oasis de Bordj-Menaiel, la situation n'est pas meilleure.
L'entrepreneur n'a toujours pas honoré ses engagements ; il aurait réalisé 5% du projet malgré qu'il ait encaissé 11 millions de dinars. Ce qui a amené les responsables de la wilaya à désigner l'OPGI pour la reprise des travaux.Les coopérateurs sont appelés à résilier leur contrat avec le promoteur et porter leur contribution individuelle pour rattraper le retard afin qu'elles puissent habiter leurs appartement avant la fin de l'année en cours.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Koubabi
Source : www.elwatan.com