Boumerdes - A la une

«La politique d'arabisation a eu des incidences contraires à celles qui étaient recherchées»



«La politique d'arabisation a eu des incidences contraires à celles qui étaient recherchées»
L'intervention intitulée «La politique linguistique et ses incidences sur la littérature algérienne d'expression française» a, incontestablement, polarisé l'attention de l'assistance, du reste timide, au cours du colloque qu'organise chaque année la direction de la culture de Boumerdès à l'occasion de la date anniversaire de la mort de Rachid Mimouni, le 12 février 1995, à Paris.L'orateur, Ibri Hamid, de l'université de Tizi Ouzou, a démontré que «la politique d'arabisation avait pour but de défranciser et d'empêcher le berbère de se développer».Toutefois, il fera remarquer que de 38 romans en français entre 1962 et 1973, la production de la littérature algérienne dans cette langue passera à 670 romans en 2010, malgré le faible tirage de chaque titre (3000) devant un intitulé en arabe (10 000). Paradoxalement, toujours selon lui, «la kabylophonie est née quand l'arabisation a atteint son summum», C'est-à-dire au temps du ministre Kharroubi. Alors que durant Lacheraf, «cette politique s'est désaccentuée».En parallèle, à chaque pas politique, il y a eu plus de facilités pour l'amazighité. M. Ibri, qui présentait là des extraits de son mémoire, explique ce fait par «une production en adéquation avec les attentes du peuple, plutôt qu'avec des visées du pouvoir». En fait, aujourd'hui, l'écrivain est confronté avant tout au problème du lectorat puis à celui de l'édition, notamment étatique, qui s'est exercée comme première censure.A l'exemple de l'enseignement, dont l'essentiel était d'inscrire les auteurs français classiques dans les manuels scolaires, «dans un souci de provoquer une distanciation par rapport à la langue elle-même». L'échec de l'école algérienne avait alors, commencé. Le modérateur de ces débats, Boualem Belkhis, résumera cette intervention par : «Le politique supplantait le scientifique.»Les débats lors de ce colloque se révélèrent passionnés. Mais le sentiment final fut que nos écrivains écrivent en algérien quelle que soit la langue. Une autre intervention a repris des passages entiers des déclarations de Mimouni, comme l'ancrage d'un intellectuel dans son pays, dans son peuple : «Je crois à l'écrivain comme pure conscience, probité, comme éveilleur des consciences et guetteur vigilant.» Ce que Rachid Mimouni a remarquablement illustré tout au long de son ?uvre, notamment dans son essai De la barbarie et de l'intégrisme..., ainsi que dans son dernier roman La Malédiction.Il est regrettable que ce colloque se soit déroulé dans une salle peu remplie. L'absence de spécialités d'autres universités, comme celle de Boumerdès, et des étudiants repose le problème de la communication culturelle. Au département des langues de l'université M'hamed Bougara, on nous a assurés qu'on n'avait reçu aucune information sur ce colloque. Mais qui a intérêt à réduire ce grand événement culturel à sa plus insignifiante dimension '
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