«L’absence du CTC, une aubaine pour réceptionner les logements»
Le procès de Boumerdès est entré, hier, dans sa septième journée. C’était autour de l’affaire dite des logements SNTF de Corso, d’être traitée. Cette cité, faut-il le rappeler, a vu la mort de 49 personnes après le séisme du 21 mai 2001.
 La salle d’audience était bondée par les parents et proches des 49 victimes, venus surtout comprendre comment une cité de cinq bâtiments, occupée par des cadres de la SNTF s’est effondrée comme un château de cartes. Selon l’arrêt de renvoi, l’expertise élaborée par les commissions ad-hoc fait ressortir de nombreuses insuffisances. Au nombre de ces insuffisances, il y a la mauvaise conception des plans techniques de génie civil et d’architecture, insuffisance dans les notes de calcul, utilisation du rond à béton n°6 et 12 au lieu du 8 et 14. Mais au-delà des insuffisances, le rapport d’expertise insiste sur le fait que cette cité, construite à proximité d’une voie ferrée, n’était pas entourée d’un mur d’enceinte en béton armé, destiné à absorber les vibrations provoquée par le passage des trains, lesquelles vibrations ont fini par fragiliser l’assise de cette cité. D’où l’ampleur des dégâts survenus lors du séisme. Le technicien qui était en charge du suivi de cette cité, avait expliqué à l’audience que ses demandes, maintes fois, formulées à sa tutelle, au maître de l’ouvrage n’ont pas eu d’échos. Chose que le maître de l’ouvrage et ses avocats ont démenti catégoriquement en niant l’existence même de ces correspondances. Le procureur s’est ensuite tourné vers le représentant de la SNTF pour lui demander pourquoi il a réceptionné provisoirement le projet, sans la présence du CTC. Le représentant de la SNTF dira qu’il n’avait rien constaté comme réserve de la part du CTC. L’entrepreneur a déclaré que ce n’était pas de son ressort d’inviter le CTC et que son absence l’arrangeait pour que le projet soit réceptionné. Cette phrase a fait bondir les parents des victimes que le président du tribunal avait du mal à calmer. Le procureur demande ensuite au responsable du bureau d’étude de justifier l’utilisation du rond à béton 6 et 12 au lieu du 8 et 14. Réponse de son avocat pour expliquer que le règlement parasismique algérien (RPA) a été appliqué pour ce projet. Pour l’expert de la commission ministérielle, cette cité était destinée à connaître un tel sort tant les malfaçons (ferraillage, système de fondation, absence de mûr de soutènement), sont nombreuses à ses yeux. Pour lui, la conception de l’étude n’est pas non plus adaptée à la nature du sol, en plus de l’insuffisance de l’étude géotechnique. Le deuxième dossier est celui de la cité universitaire de Corso dans lequel le technicien de la DUCH, est la seule personne accusée. Le procureur a, encore une fois, mis en évidence les dégâts subi par cette cité et au passage il a rendu hommage aux étudiants qui «se sont montrés solidaires ce jour-là ». Le troisième dossier se rapporte à la cité du 11 décembre où 9 personnes avaient trouvé la mort. Au moment d’aller sous presse, cette affaire était encore à l’audience et devait se poursuivre la nuit.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com