Dans un pays semi-aride et des plus rudement soumis aux aléas du changement climatique, a-t-on le droit de jeter en mer, à partir des zones à vocation agricole, plus de 8 millions de m3 d'eau utile à l'industrie, à l'entretien des villes, la lutte contre les feux de forêt et surtout l'agriculture 'La wilaya de Boumerdès délaisse, par négligence, un grand gisement de productivité dans le secteur agricole. Pourtant, l'expérience menée depuis 2003 démontre que cette eau peut être réutilisée, et c'est un facteur qui permet de doubler, voire tripler la production agricole. L'assertion est facilement vérifiable et la preuve n'est pas loin de la Direction des services agricoles de Boumerdès.
Les boues extraites de cette épuration ? environ 750 tonnes annuellement ? sont des fertilisants mais qui, malheureusement sont jetées également dans la nature. Selon Kahina Yasri, chef du département production et maintenance de l'unité de Boumerdès de l'ONA (Office national de l'assainissement), les trois stations d'épuration des eaux usées implantées autour des villes de Boumerdès, Thénia et Zemmouri ont produit, en 2018, 8 150 168 m3 d'eaux épurées, donc réutilisables dans l'industrie, l'entretien des villes, la lutte contre les incendies et surtout dans l'irrigation dans les filières de l'arboriculture et la viticulture. Selon les statistiques qu'elle nous a communiquées, seuls 04,03% ? 328 200,9 m3 ? de cette production d'eau provenant de la seule station de Boumerdès a été réutilisée en 2018 par deux fellahs de Corso qui irriguent 55 hectares.
Il est vrai que ces deux agriculteurs ont investi, sans l'aide de l'Etat, des milliards pour mettre en place tout un système d'acheminement (5 km) et de traitement de cette eau, en plus des analyses qu'ils commandent régulièrement. Mais leurs investissements ont été récupérés en quelques années parce que leur production a connu une augmentation dépassant les prévisions les plus optimistes. Dans cette affaire, les pouvoirs publics sont hésitants. Ils ont attendu de longues années avant de commencer à mettre en place une réglementation.
Certes, ils laissent les fellahs puiser l'eau gratuitement et ils ont récemment adopté les normes algériennes concernant l'eau épurée (NA17683/2014) et les boues (NA17731/2014). De même qu'ils commencent à mettre en place des textes législatifs sur le sujet. Cependant, ils n'investissent pas assez sur la sensibilisation en direction d'éventuels utilisateurs.
Par ailleurs, pourquoi ne pas accorder des avantages financiers aux fellahs et industriels qui investissent dans la récupération de cette eau et boue '
Abachi L.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com