
L'ex-gouverneur de la Banque d'Algérie, Abderrahmane Hadj Nacer, ne partage pas la méthode suivie pour la révision de la Constitution. S'exprimant lors d'une rencontre-débat organisée à la maison de la culture Rachid-Mimouni de Boumerdès autour de son ouvrage intitulé la La Martingale algérienne à la librairie KLMI Edition, Hadj Nacer considère que les débats sur ce texte de loi se déroulent dans l'opacité. "Je suis contre cette démarche car la Constitution est un long processus qui nécessite un minimum de contact entre le peuple et ses dirigeants", souligne-t-il. Et il souligne que les Algériens ne se sentent pas concernés par ce débat sur une loi fondamentale qui les intéresse directement. "Pour un projet de cette importance, on doit inviter les représentants des populations algériennes, c'est-à-dire les corps intermédiaires (syndicats, associations...) qui sont en contact direct avec la population", affirme Hadj Nacer.Il s'interroge sur quelle base on choisit une centaine de personnes et les inviter à donner leurs avis sur un texte de loi qui a été fait par quelqu'un, alors que cette loi concerne tout le peuple algérien. Il précise qu'il faut organiser d'abord des discussions avec les gens, bien les comprendre et échanger avec eux. "Or, en Algérie, on n'a jamais associé la population aux discussions concernant son avenir." Et il cite l'exemple des chartes de 1975 et 1985 : "Ce sont des textes pensés en haut lieu de l'échelle du pouvoir et ils n'étaient pas l'émanation d'une volonté collective. Puis ces textes ont été soumis à la population." Pour l'ex-gouverneur de la Banque d'Algérie, la meilleure méthode consiste à associer la population et aller directement vers un consensus.Il estime que le fossé continue de se creuser entre le sommet et la base. "Et c'est l'absence de dialogue entre la population et l'Etat qui mène le pays vers le chaos. Et si on assiste à des problèmes actuellement, c'est parce qu'il n'y a pas de dialogue et qu'aucun corps intermédiaire ne fonctionne convenablement."Pour lui, le chaos, ce n'est pas seulement la révolte, c'est aussi quand on a une population qui évolue et les dirigeants qui, eux, n'évoluent pas. "Le chaos, c'est l'interruption de toutes les formes de négociation entre le sommet et la base, comme c'est le cas chez nous aujourd'hui", a-t-il expliqué.M. T.NomAdresse email
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Madjid T
Source : www.liberte-algerie.com