Boumerdes - A la une

«L'administration est aux antipodes de la nouvelle orientation du pays»



Le réalisateur spécialisé dans les films historiques, Abdelbaki Sellai, estime que l'administration locale est encore crispée dans les pratiques anachroniques de la bureaucratie au grand dam de l'esprit d'ouverture sur la mémoire nationale prônée par la nouvelle direction du pays.L'ancien journaliste d'Al Jazeera-documentaire et fils de la wilaya de Mila déplore, en effet, l'attitude surannée de l'administration qui continue, selon ses dires, «de cultiver des pratiques très dommageables pour la mémoire nationale».
Lors d'une rencontre avec notre journal ce lundi, à Mila, le réalisateur du film Abdelhafid Boussouf a mis sous les feux de la rampe toutes les lourdeurs administratives qui étriquent encore le développement d'une industrie cinématographique tournée vers l'histoire nationale. Il a notamment mis l'accent sur les difficultés liées à l'obtention d'autorisation pour la réalisation de films documentaires ou de fiction sur la guerre de Libération nationale et ses hommes, ainsi que le manque de financement et parfois d'enthousiasme de la part de ceux qui sont censés être à l'avant-garde de la défense des faits de mémoire. Dans ce sens, notre interlocuteur dira : «Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir l'autorisation de la Direction des moudjahidine pour la réalisation d'un documentaire ou d'une fiction sur des faits de guerre ou des héros de la glorieuse Révolution.»
En expliquant que parfois le réalisateur doit attendre des années avant de voir sa demande d'autorisation acceptée, Sellai appelle le ministère des Moudjahidine et ses directions de wilaya à plus de souplesse et de célérité dans le traitement des demandes d'autorisation, notamment en cette période où la question de la mémoire nationale revient au-devant de la scène et bénéficie d'une attention toute particulière de la part du chef de l'Etat.
S'agissant de l'autre hic inhérent au financement des ?uvres d'histoire, Sellai cite un exemple édifiant, à savoir son film documentaire intitulé «Boumerdès», giron de la liberté, réalisé en 2017 pour le compte de la wilaya de Boumerdès.
Le réalisateur affirme : «jusqu'à présent, je n'ai pas empoché la totalité de mes droits ; alors que le film est achevé de longue date et n'était la pandémie, il aurait été projeté en février passé à Bruxelles dans le cadre de l'année culturelle d'Algérie en Belgique.»
Dans ce sillage, Sellai appelle le nouveau wali de Boumerdès à honorer les engagements contractés par son prédécesseur en matière de financement de l'?uvre cinématographique en question qui, soulignons-le au passage, apporte des éclairages sur le Comité exécutif provisoire dirigé par Abderrahmane Farès et qui avait pour mission de gérer la période de transition allant de la date du cessez-le-feu (19 mars 1962) jusqu'à la proclamation des résultats du référendum sur l'indépendance nationale.
«Des retards de ce genre sont très pénalisants, car nous avons des plateaux techniques, des scénaristes et du matériel à payer», déplore-t-il. Il est à souligner que Abdelbaki Sellai, qui a suivi des stages de formation spécialisée en Californie et à Las Vegas, aux Etats-Unis, compte dans son palmarès dix films documentaires consacrés aux acteurs les plus en vue de la résistance et du Mouvement national.
Kamel Bouabdellah
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