Le phénomène de la publicité trompeuse prend de l'ampleur en Algérie. Conséquences : les droits à la sécurité et la protection de la santé du consommateur sont mis en cause par des producteurs ou commerçants malhonnêtes.Les pouvoirs publics, pour leur part, commencent à réagir face à ce phénomène imbriqué dans un système commercial national opaque et instable. Afin de cerner au plan de la législation ce fléau, et donner les armes juridiques aux agents qui interviennent sur le terrain, la Direction du commerce de la wilaya de Boumerdès, avec l'appui de la Chambre de commerce Sahel de la région, a organisé une rencontre nationale d'étude, consacrée à la publicité trompeuse dans les pratiques commerciales en Algérie. Les cadres du commerce de plusieurs wilayas du centre du pays, des opérateurs économiques, des représentants de l'association des consommateurs, des associations de commerçants et des officiers des services de sécurité ont été conviés par madame Samia Ababsa, la directrice de Boumerdès pour écouter les explications des magistrats et des juristes universitaires qui ont animé une quinzaine de conférences. «Avec la diversification des produits sur le marché et la multiplication des chemins de la commercialisation et les supports de leur promotion, nous avons malheureusement constaté qu'il y a une publicité mensongère qui ne répond pas aux prestations, ou à la qualité des produits concernés. Cette rencontre est la conclusion de divers ateliers organisés le long de l'année 2019. Nos agents ont relevé des délits dans ce domaine. Nous avons, en effet, constaté que des écoles dispensent des formations, comme c'est le cas d'une école paramédicale, alors qu'elles ne sont pas agréées et ne disposent pas de documents exigés par la réglementation. Plus grave, nous avons constaté que des gérants de crèches assurent aux parents que leurs enfants sont en sécurité alors qu'ils ne le sont pas. Des associations qui dispensent des prestations sans autorisation. Des mesures conservatoires ont été prises et des produits saisis. S'agissant des produits, certains producteurs ou vendeurs prétendent par exemple qu'ils sont sans cholestérol. Cela relève de la publicité trompeuse et dangereuse. Il y a également, donc, tromperie sur les emballages. Les prétentions énergisantes de certains compléments alimentaires sont fausses. Or, certains de ces compléments alimentaires sont interdits par le ministère de la Santé en Algérie. Ces délits ont été soumis à la justice. Justement, des magistrats ont été invités à cette rencontre pour nous expliquer les verdicts rendus et donner plus d'éclaircissements juridiques sur ces dépassements», nous a confié la directrice du Commerce de Boumerdès. Selon elle, l'Algérie doit, d'une part, respecter les accords internationaux (accord de libre-échange avec l'UE, candidature à l'OMC) qu'elle a signés et , d'autre part, protéger les droits des consommateurs. Par ailleurs, les autorités font face à une autre forme de publicité mensongère. Ababsa nous explique : «Certains producteurs locaux concurrencent les importateurs pour la forme. Ils se contentent, en effet, d'imiter le contenant mais sans consistance du produit sous cet emballage imité. Ils ne concurrencent pas sur la qualité intrinsèque du produit ciblé. Ces producteurs imitateurs coulent généralement au bout d'un temps court.»
Abachi L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com