Il vit entre Marseille et Boumerdes. Sa carte de séjour permanent en France lui permet d'effectuer des déplacements réguliers. Depuis 12 ans. Lui, c'est Belkacem. Contrairement aux émigrés qui viennent passer le Ramadhan au « bled », lui, attend avec impatience ce mois sacré et « sucré ». Âgé de 47 ans, il travaille comme chauffeur de taxi clandestin, un job qui lui permet à peine de subsister voire de faire vivre sa petite famille composée de quatre personnes. Mais cet homme a une passion qu'il a héritée de son père. C'est la confection de la z'labia qu'il vendait auparavant comme des petits pains dans son village. Sa réputation a dépassé les frontières de sa commune au point où on faisait parfois des kilomètres depuis les localités limitrophes pour acquérir ses sucreries. Conscient de son savoir-faire, Belkacem décida un jour, sur conseil d'un ami, de tenter sa chance en France et d'avoir la possibilité d'être payé en euros, étant donné qu'il n'a aucun problème de visa. C'est ce qu'il fera sans hésiter. C'était en 2002. Depuis, chaque Ramadhan, il se rend à Marseille où il existe une forte concentration de la communauté algérienne et maghrébine. Un petit local commercial qu'il loue chez une connaissance et le tour est joué. Pendant un mois, il travaille sans répit en confectionnant des sucreries qu'il vend « comme des petits pains », secondé par un compatriote vivant en France. « Les émigrés achètent tout ce que je prépare, d'ailleurs je n'arrive même pas à satisfaire la demande. Sans l'aide de mon ami Merzak, je ne pourrai jamais répondre à ma fidèle clientèle », dit-il avec un brin de satisfaction. « Ce que je gagne là- bas en un mois me permet de vivre pendant une année en Algérie », affirme-t-il sans pour autant dévoiler ses recettes. Belkacem joint également l'utile à l'agréable en rendant visite à ses amis installés en France. Avant le début du Ramadhan, Belkacem est parti en France pour être prêt le jour « j ». Ses clients l'attendent chaque année en pareille période. Il ne reviendra qu'après l'Aid El Fitr puisqu'il a des commandes pour la célébration de cette fête religieuse. De retour au pays et avec l'argent amassé, il peut mener une vie décente. L'année prochaine, rebelote.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D C
Source : www.horizons-dz.com