Ces derniers jours la pluie tombe presque sans discontinuer sur Alger et ses environs. De quoi rendre heureux les fellahs de ce qui reste de la Mitidja et ceux des plaines de la Basse-Kabylie. Mais les gestionnaires des ressources hydriques du centre du pays ne sont pas de la fête.« Pour nous, qu'il pleuve à torrent sur le littoral ou sur la mer, cela ne sert à rien », nous confiait, hier matin, l'un de ces gestionnaires. Pour l'exemple, il nous cite le taux de remplissage du barrage ou plutôt le bassin de stockage de Keddara (142 millions de m3), qui alimente la capitale et une partie de la wilaya de Boumerdès. « Il est à moins de 5% de ses capacités. »
Au niveau de la structure qui alimente le barrage de Keddara, à savoir le barrage de Aït-Amrane, implanté sur l'oued Isser, au sud-est de Boumerdès, il est, selon notre interlocuteur, à sec.
Le même barrage d'Aït-Amrane est alimenté, rappelons-le, par des lâchées sur oued Isser, à partir du barrage de Koudiate-Asserdoune (640 millions de m3), implanté dans la wilaya de Bouira. Pour l'heure, aucune crue n'est constatée sur l'oued Isser. Il ne pouvait en être autrement.
En effet, le bassin versant du barrage de Koudiate-Asserdoune est situé dans la région du sud de Bouira et Médéa qui a subi une sévère sécheresse. Pour rappel, les barrages de Keddara et Aït-Amrane font partie du Spik (Système de production Isser Keddara).
Ce Spik a été mis en chantier dans les années 1980 pour alimenter, à partir de la station de traitement de Boudouaou, les wilayas de Boumerdès et d'Alger. La vétusté commence à ronger ce système. Pour revenir au sujet du jour, dès lors qu'il pleuve durant plusieurs jours ou qu'il neige en abondance sur les régions de Bouira et Médéa, c'est à ce moment que les citoyens d'Alger ou de Boumerdès pourraient se permettre de l'optimisme. « C'est aujourd'hui seulement (mardi, ndlr) que la pluie commence à tomber sur les régions de Bouira et Médéa », précise notre interlocuteur.
L'eau du Djurdjura se fait rare
Par ailleurs, la capitale et la wilaya de Boumerdès sont également alimentées en eau potable à partir du barrage de Taksebt (Oued Aïssi wilaya de Tizi-Ouzou) qui dépend de la pluviométrie et de la fonte des neiges du versant nord du massif du Djurdjura et du piémont de cette région.
Or, la sécheresse et une pluviométrie aléatoire (déficit en 2020-2021 de 70% de pluie dans la wilaya de Boumerdès) rendent les infrastructures et équipements qui ont coûté d'énormes sommes inopérants. Malheureusement, les populations continueront à souffrir devant le robinet à sec.
Le citoyen d'Alger ou de Boumerdès continuera longtemps à interroger chaque jour le ciel : pleuvra-t-il ou neigera-t-il sur le Djurdjura et les monts de Médéa?' Ce citoyen n'échappera pas à une réalité amère : le réchauffement climatique et la sécheresse s'installent dans la durée. Aux autorités de revoir leur stratégie pour trouver l'eau.
Abachi L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com