Ce n'est plus Hammam Melouane d'avant le coronavirus qui drainait tant de monde. Cette commune, située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Blida, semble morte ces derniers jours. La fermeture de la frontière avec Alger et Boumerdès dans le cadre des mesures de prévention contre la propagation du virus a sensiblement impacté ce village touristique.Les visiteurs se font rares et les commerces voient leurs chiffres d'affaires à la baisse. L'activité thermale, pierre angulaire de l'économie dans la région, a elle aussi reçu un coup dur. Même les amoureux de la baignade dans l'eau douce de l'oued ont déserté les lieux. L'oued de Hammam Melouane, qui jadis ne désemplissait pas en cette saison de l'année, semble renier ses visiteurs. Pas âme qui vive. Seule l'eau coule paisiblement sur son lit de galets. Dans un passé peu lointain, les centaines de touristes qui jetaient leur dévolu sur la région rendaient les lieux très plaisants. Depuis la pandémie, la situation a changé et la ville n'est plus en fête. Seuls quelques marchands de produits frais comme le fromage de chèvre, ou les galettes, continuent à proposer leurs marchandises à quelques clients de passage. Les boutiques étalent, comme à l'accoutumée, leurs articles artisanaux dans l'espoir d'attirer une clientèle qui se fait désirer. Sur le long de l'avenue qui longe le centre de Hammam Melouane, des bottes de thym, connu pour ses bienfaits thérapeutiques, sont proposées à la vente, mais ne trouvent pas preneur en ces moments de disette. Toutefois, les autochtones ne perdent pas espoir, nous disent les jeunes commerçants. «Cette situation est temporaire et tout redeviendra comme avant», insistent-ils.
Un peu plus loin vers le sud, au lieudit Magtaâ Lazrag, la vie ne semble pas s'être arrêtée. Sur la berge de l'oued, des familles prennent leur café de l'après-midi sous l'ombre des arbres, tout en contemplant la beauté sauvage des lieux, où le calme règne en maître. Quelques mômes barbotent et prennent plaisir à nager dans les eaux fraîches de l'oued. Mais c'est à proximité du barrage de Magtaâ Lazrag que les visiteurs en grand nombre se rendent, heureux de voir leurs enfants s'éclater en plongeant à partir d'un toboggan naturel sur lequel ils glissent en riant à gorge déployée. Sur la route, les conducteurs s'arrêtent sur le contre-bas pour cueillir quelques branches de lentisques, très abondants dans la région, dont les feuilles donnent un agréable goût lorsqu'elles sont plongées dans de d'eau. C'est dire qu'en ces temps de pénurie touristique, Magtaâ Lazrag a sauvé la face à la commune de Hammam Melouane, dans l'attente de jours meilleurs.
M. B.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Belarbi
Source : www.lesoirdalgerie.com