Les délais de rigueur fixés par le ministère de l'Intérieur pour le dépôt officiel des listes de candidatures aux prochaines élections locales du 23 novembre prochain ont expiré hier dimanche à minuit. Et, avec, prend fin aussi la véritable course contre la montre engagée par l'ensemble des partis en lice, à leur tête le parti majoritaire, le Front de libération nationale qui, en début de soirée d'hier dimanche, était le seul à avoir réussi à faire le plein.Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Le parti de Djamel Ould Abbès est ainsi présent dans les quarante-huit wilayas et les 1 541 communes. «Même en Kabylie, nous avons réussi à présenter des listes de candidatures à travers l'ensemble des communes dans les wilayas de Tizi-Ouzou, de Béjaïa, de Bouira, de Boumerdès, de Sétif et de Bordj-Bou-Arréridj, ce qui est une première depuis l'avènement du multipartisme», nous confie une source proche de la direction du parti.
Il faut dire que l'ex-parti unique a mis le paquet depuis fin août dernier pour pouvoir être au rendez-vous. Installant son quartier général de campagne au niveau de l'hôtel «Le Mouflon d'or» à Ben Aknoun, le FLN s'est, en outre, et contrairement aux autres partis, doté d'une commission électorale de haut niveau.
Composée entièrement de ministres, tant en exercice comme Tahar Hadjar et Tahar Khaoua que d'anciens, c'est cette commission, présidée par le secrétaire général du parti, qui a eu à gérer le plus difficile, à savoir la dernière ligne droite et qui consiste en la finalisation des listes ainsi que des difficiles arbitrages sur de nombreux cas litigieux dans plusieurs wilayas et communes. Une tâche à laquelle s'étaient attelés des cadres comme l'ancien ministre des Travaux publics, ancien wali et, surtout, ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur, Abdelkader Ouali ou encore l'ancien ministre, directeur de cabinet de l'ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, Mustapha Rahiel.
Un groupe au sein duquel n'a pu s'imposer l'ex-secrétaire général Ammar Saâdani qui sera contraint de rentrer chez lui après un éphémère passage. «Ses velléités de s'imposer et d'imposer ses choix et ses éléments ont achoppé sur une ferme opposition du secrétaire général qui a le total appui du Président. Saâdani avait aussi en face de lui un farouche adversaire, en la personne du ministre des Relations avec le Parlement, Tahar Khaoua. Ce dernier n'a jamais pardonné à Saâdani d'avoir été derrière son départ du gouvernement à l'occasion du remaniement dans l'ex-gouvernement de Abdelmalek Sellal en juin 2016», nous révèle-t-on de même source.
Cela étant, la commission nationale en question avait également pour mission de «filtrer» les candidatures. «La consigne était très claire : le seul critère déterminant pour le choix du candidat, tant à l'APC qu'à l'APW, est la fidélité et la loyauté totale envers le président Bouteflika . Il ne faut surtout pas oublier que les élections présidentielles de 2019 c'est dans seulement quelques mois !», nous confie-t-on encore.
Selon notre source, un soin particulier avait été pris, en cela, pour barrer la route à des candidats réputés pour leurs fidélités à d'anciens secrétaires généraux ou dirigeants du parti et donc potentiels candidats aux prochaines présidentielles. «Il s'agit d'éléments proches de Ali Benflis, de Mouloud Hamrouche, mais, surtout, de Abdelaziz Belkhadem ou encore de Ammar Saâdani».
Abdelaziz Bouteflika, qui préside le FLN depuis le 8e congrès bis de 2005, verrouille le parti plus que jamais en prévision du rendez-vous majeur de 2019. Effectivement, et pour qui connaît le système électoral en Algérie, ce sont l'administration, à travers le ministère de l'Intérieur et les walis ainsi que les collectivités locales, notamment les Assemblées populaires communales, qui organisent réellement toutes les élections nationales.
Le contrôle des APC est le levier décisif pour gagner toutes les élections. Chez l'ex-parti unique en particulier et le pouvoir en général, on a jamais oublié le tristement célèbre précédent en la matière, celui du sinistre FIS dissout qui avait gagné le premier tour des législatives du 26 décembre 1991 grâce au contrôle de la majorité APC gagnées une année auparavant, le 4 juin 1990”?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com