Boumerdes - A la une

Faire revivre les vieux noms propres algériens



Des spécialistes participant à une journée d'études nationale, dans le cadre de la manifestation «L'Algérie dans le coeur», ont plaidé, mercredi dernier, pour l'impératif de la remise au goût du jour des vieux noms propres algériens, à travers des oeuvres artistiques, dans l'objectif de préservation de l'identité nationale. Des intervenants à la 2ème journée de cette manifestation organisée, par le Haut Commissariat à l'amazighité (HCA), en coordination avec la Radio nationale à Boumerdès, ont cité en exemple le succès réalisé par la série populaire «Achour El Acher», qui a fait revivre de nombreux nom propres et vieux prénoms algériens. Dans une déclaration à la presse en marge de cette rencontre scientifique, abritée par la bibliothèque centrale de lecture publique de Boumerdès, le professeur Farid Benramdane, directeur de la recherche à l'université «Mhamed Bouguerra» de Boumerdès, a appelé à l' «impératif de la mobilisation des conditions idoines pour un investissement artistique dans cet important héritage historique de noms et prénoms, en vue de leur réhabilitation»a-t-il plaidé. Il a signalé, à ce titre, l'existence de prés de «10 millions de prénoms et noms de familles, tribus et autres sites, régions, monts, et oueds du pays, remontant à des milliers d'années», selon les estimations des chercheurs du domaine, a-t-il indiqué. Affirmant l'impossibilité de «pervertir ou changer ces noms, à travers le temps, car ils découlent de la profondeur de l'âme algérienne et de son histoire civilisationnelle». Le professeur Benramdane a, néanmoins, mis en exergue le développement naturel de la langue, dû au caractère oral de la langue Tamazighe, dans l'Afrique du Nord en général, ayant conduit, «à une évolution des noms propres, et non leur altération», a-t-il estimé. D'autres intervenants à cette rencontre se sont accordés, sur l'impact négatif du code de l'état civil promulgué par la France coloniale en 1882 en Algérie, «qui a conduit à de grands changements négatifs dans le régime traditionnel des noms propre en Algérie, notamment les noms et les prénoms, que la France a tenté d'adapter à l'alphabet française, sans vraiment réussir dans son entreprise», a-t-il observé. Dans sa communication sur les «Noms propres dans l'espace Touareg à Tamanrasset», la professeur Ouardia Yermeche de l'université de Béjaïa, a indiqué que les tribus touarègues se sont toujours caractérisées par «la diffusion de vieux noms algériens impossibles à pervertir ou changer, à l'exemple de «Tinhinane», «Amnoukel», et autres». Elle a expliqué ce fait par la symbolique de ces noms qui «renforcent la mémoire collective nationale et contribuent à la cohésion sociale et à l'unité nationale».Ouverte hier mardi à la Maison de la culture «Rachid Mimouni», la manifestation «L'Algérie dans le coeur», s'est poursuivie jusqu'à jeudi dernier, englobant de nombreuses activités culturelles et de formation, dont une journée d'études sur la «diffusion radiophonique en tamazight, la diversité linguistique et l'unité nationale, dans le contexte des dispositions de la Constitution et des pratiques médiatiques».
Un atelier de formation est, également, destiné au profit des journalistes d'expression amazighe de 26 radios régionales du pays.
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