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EN GRÈVE DEPUIS PLUS DE 40 JOURS ET FAUTE D'ÉCOUTE



EN GRÈVE DEPUIS PLUS DE 40 JOURS ET FAUTE D'ÉCOUTE
A moins d'une solution de dernière minute, les 285 travailleurs de l'Orfee de Bordj-Menaà'el wilaya de Boumerdès, filiale du Groupe BCR (boulonnerie, coutellerie et robinetterie) de Sétif, sont décidés à rejoindre Ben Aknoun, à Alger, pour protester devant le siège de la Fédération mécanique.«Depuis que nous sommes en grève, le P-dg du Groupe et le P-dg de la filiale Orfee refusent le dialogue alors que notre filiale a perdu jusqu'à maintenant 27 milliards de centimes à cause de cette grève. De plus, en ce mois de piété et de solidarité, les responsables de l'entreprise nous ont laissés sans salaire. Il a fallu l'intervention du wali de Boumerdès pour que l'on nous accorde une avance sur salaire».Ce dimanche à notre arrivée vers 9h30 du matin, devant l'usine de Bordj-Menaà'el, la majorité des membres de la section syndicale de l'Orfee étaient déjà partis à Alger. Ils ont été convoqués par les responsables de la fédération lesquels veulent, sans doute, éviter cette virée des protestataires vers la capitale. Ce sont deux responsables syndicaux, Merzak Khelfi et Saà'd Tihich, restés sur place qui nous ont expliqué les griefs retenus contre leurs dirigeants et leurs revendications.Les grévistes exigent la confirmation des 112 travailleurs dans leurs postes. «Certaines sont temporaires depuis 4 ou 5 ans. Or, notre Convention collective impose cette confirmation au bout de 2 années de travail. Nous avons un ingénieur qui occupe deux postes dont l'un comme chef de service alors qu'il est temporaire.»lI y a également le non-versement, depuis 7 mois, des 2% aux œuvres sociales. «Comme argument, le P-dg affirme que l'ancien Comité de participation a laissé une dette de 17 milliards de centimes. C'est lui-même et les anciens responsables du comité de participation, partis à la retraite, qui distribuaient des primes en diverses occasions pour acheter la paix sociale, maintenant il veut nous faire payer la facture.»Le partage de la cagnotte générée par le bénéfice de l'Orfee scandalise au plus haut point les travailleurs. «Nous avons fait un bénéfice de 15 milliards. 4 hauts dirigeants de l'entreprise se sont partagé 26% de ce bénéfice, soit 3 milliards, et nous, les producteurs, nous n'avions droit qu'à 6%. Chaque travailleur n'a reçu que 25 000 dinars.» Pour rappel, les mêmes travailleurs ont observé une grève en 2016. «A l'époque, suite à un accord, une revalorisation de nos salaires de 12% nous a été accordée. Mais en réalité nous n'avons été augmentés que de 7%.» Mais le drame pour les travailleurs de l'ex-BCR de Bordj-Menaà'el, un véritable bijou industriel dans le secteur de la coutellerie haute gamme – certains services sont argentés —, la robinetterie et les extensivité de cuisine de haute qualité, c'est le manque d'investissement. «Il n'y a plus d'investissements. Les responsables ne pensent qu'aux chiffres d'affaires à réaliser pour se partager le bénéfice au lieu de l'investir», disent en chœur les grévistes.Nous avons en effet constaté lors de la visite du wali de Boumerdès, suivie au mois d'avril – avant les élections législatives — par celle du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales que certaines machines sont, à vue d'œil, vieillissantes.Des travailleurs nous ont confié, à l'époque, que certains équipements datent des années 1970. Nous avons voulu en savoir plus sur ce chapitre et les revendications des travailleurs de cette unité. Nous avions demandé à être reçus par l'un des responsables. Comme à leurs habitudes – ce n'est pas la première fois que nous rencontrons un refus — ces dirigeants restent de marbre, fonctionnant d'une manière opaque et refusent de communiquer sur une entreprise appartenant à la collectivité nationale. Ont-ils peur de questions dérangeantes ' Ont-ils des choses à cacher '
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