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Colloque à Boumerdès



Colloque à Boumerdès
Le colloque sur l'écrivaine Assia Djebar qui se déroule à l'université M'Hamed Bouagara de Boumerdès depuis hier a suscité un intérêt remarquable au sein des participants et des étudiants.La salle de conférence, impeccable mais modeste en capacité d'accueil, n'a pas pu contenir la nombreuse assistance. Sur les 25 communications prévues, 6 ont été présentées alors que pour aujourd'hui, une douzaine d'interventions sont au programme. Zineb Ali Benali, enseignante à l'université Paris 8 et présidente du comité scientifique, soulève la problématique de cette rencontre scientifique : «Le colloque s'articule autour de la mémoire et de l'histoire. En fait, la littérature de Assia Djebar interroge l'histoire dans ses multiples dimensions; l'histoire coloniale faite d'exclusions, d'oublis et d'omissions d'une certaine histoire, il y a aussi l'histoire de l'Etat-nation qui marginalise une certaine histoire, et l'on peut situer alors l'écriture de Djebar dans cette interrogation de toutes ces histoires, pour se positionner auprès des gens frappés par le déni de l'histoire officielle auxquelles elle a tenté de restituer la parole».Les passionnants débats de la journée d'hier ont de nouveau mis au centre d'intérêt l'écriture Djabarienne, objet de recherche et d'exploration académique permanente. L'engagement politique de l'écrivaine jugé superficiel par nombre de critiques, notamment la critique littéraire nationaliste à l'image de Mostefa Lachraf et Mohamed Chérif Sahli, a été une nouvelle fois posé par les communicants et l'audience. Une conférencière a relevé hier dans la matinée d'hier la technique de «déviation» utilisée par Djebar pour affronter l'adversité au lieu d'un style direct et tranchant.D'autres rappelleront, pour souligner l'engagement politique de la célèbre romancière, sa collaboration avec Frantz Fanon en Tunisie en 1957 dans la rédaction d'El Moudjahid, publication et porte-parole de la Révolution. A ce propos, Mme Benhamana, chef de département d'Anglais, et membre du comité d'organisation, a souligné que «la relation à l'histoire ne concerne pas seulement le passé lointain de l'Algérie, les premiers temps de l'Islam ou plus proche comme la guerre de libération, mais également les derniers épisodes de la violence extrême des années 1990».Les œuvres de Djebar, objet de ce colloque qui articule la réflexion sur l'histoire et la mémoire, appelle deux observations ; le premier est l'extrême modestie et la participation active de la rectrice de l'université, Mme Cherifi qui a assisté aux travaux (ce qui n'est pas coutumier chez les responsables) et qui a préféré ne pas se mettre au devant de la scène par des déclarations à la presse (ce qui est habituel chez d'autres) et le deuxième est la collaboration scientifique entre les universités dans l'organisation à travers la participation du Laboratoire des langues et cultures étrangères de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Cette rencontre scientifique se terminera demain en fin de matinée par l'adoption d'une série de recommandations.


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