Boumerdes

Cité Sablière : Des bandes rivales terrorisent la population



La cité Sablière, à l'est de Boumerdès, est devenue une zone de non- droit. Cette importante agglomération, qui englobe plusieurs cités, a été ces derniers jours le théâtre de plusieurs batailles rangées entre bandes rivales. Il y a une semaine, les habitants ont vécu une nuit très mouvementé suite à une bagarre générale entre de jeunes voyous.Issus de deux cités différentes, les belligérants se sont affrontés durant plus de trois heures à coups de bâtons, de sabres et de pétards, précisent des témoins. «Ici il n'y a pas d'Etat. La drogue se vend au su et au vu de tous, mais aucune autorité de réagit. Nous n'avons ni brigade de gendarmerie ni une unité de la police urbaine. Comment voulez-vous qu'il y ait de la sécurité et de la quiétude», s'écrie un quinquagénaire. Selon lui, le conflit a commencé quelques jours auparavant, suite à une simple rixe entre un jeune de la cité des 800 Logements et un autre de la cité des 500 Logements.
Deux quartiers dépourvus des moindres commodités et séparés par la RN24. «Les échanges de jets de pierres de part et d'autre ont incité tous les automobilistes de passage à rebrousser chemin. Les gendarmes viennent toujours en retard. Avant-hier, ils ont eu du mal à s'interposer», témoigne un autre habitant qui se plaint de l'absence d'infrastructures de jeunesse et d'aires de jeux pour enfants. La localité a connu un boom démographique sans précédent ces dernières années, avec la réalisation de plus de 2000 logements dans un rayon d'un kilomètre carré. Mais cette extension du tissu urbain n'a pas été accompagnée par la réalisation d'équipements publics.
«On n'a ni stade, ni espace vert, ni maison de jeunes ou salle de sport ici. Nos enfants n'ont plus où aller, c'est pour cela qu'ils versent dans la vente de drogue et la délinquance», explique un épicier, précisant que la plupart des locaux des rez-de-chaussée des bâtiments sont livrés à l'abandon alors que certains peuvent abriter une unité de la police ou les transformer en infrastructures publiques. A noter enfin que la petite criminalité connaît une hausse d'année en année à travers les localités de la wilaya. En 2018, la police a traité 3250 affaires, soit 30% de plus par rapport à 2017, dont 314 concernent des délits de consommation et de vente de drogue et 1364 autres sont liées aux délits commis contre autrui.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)