Boumerdes - A la une

Ce que disent les experts



«L'approche sécuritaire proposée par les partisans de l'intervention militaire étrangère dans la région du Sahel n'a pas été et ne sera jamais une solution aux problèmes de la région.»Intervenant lors des journées consacrées à l'université d'été qui se tient au niveau de la wilaya de Boumerdès, l'expert et chercheur en questions sécuritaires et stratégiques, Ahmed Mizab, a souligné que «l'approche sécuritaire proposée par les partisans de l'intervention militaire étrangère dans la région du Sahel n'a pas été et ne sera jamais une solution aux problèmes de la région». Le conférencier dans sa communication intitulée, «La situation sécuritaire au Sahel africain et ses répercussions sur la cause sahraouie», précise que cela relève d'un principe d'ailleurs et une notion que l'Algérie défend constamment par les voies de la diplomatie. L'expert qui intervenait lors de l'avant-dernier jour des travaux au niveau de l'université Mohamed Bouguerra a également souligné que «cette intervention militaire étrangère et le déploiement dans la région de bases militaires pour drones n'avaient pas pour but de lutter contre le terrorisme et le crime organisé, mais s'inscrivaient plutôt dans le cadre des batailles et concurrence entre grandes puissances à des fins économiques». Depuis plusieurs années, la France est présente au Sahel, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, néanmoins cette présence n'a nullement abordé une quelconque correction ou un redressement de la situation. Le contexte pourrait même être plus compliqué avec le retour de terroristes vers le Sahel après les défaites avérées en Syrie et en Irak. Le chercheur algérien n'est pas le seul à croire que l'intervention militaire au Sahel n'apporte aucune solution aux problèmes de la région. Les déclarations du général François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises rapportées par la presse française en juillet dernier sont les plus pertinentes. Il souligne, à cet effet:
«Je ne pense pas qu'il soit possible de régler le problème au Mali en moins de 10 à 15 ans, si tant est que nous le puissions.» Il a ajouté: «L'évolution de la situation au Mali n'est guère satisfaisante et nous n'en partirons pas demain, sans qu'il s'agisse pour autant d'un enlisement», ce qui est sûr désormais et nul ne peut prétendre le contraire, les attaques terroristes se sont multipliées. A ce propos justement Libération écrivait déjà en 2017 «François Hollande déploie en urgence l'opération Serval qui deviendra l'opération Barkhane en août 2014, pour arrêter la progression des groupes terroristes et aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté. Aujourd'hui, force est de constater que ces deux objectifs n'ont pas été atteints. Depuis la signature de l'accord pour la paix et la réconciliation, en juin 2015, la situation sécuritaire du Mali n'a cessé de se dégrader. Les groupes armés signataires n'ont pas été désarmés, ce qui explique la prolifération du banditisme. Les violences intercommunautaires se sont multipliées, impliquant des communautés restées jusque-là en dehors du conflit». En un mot cela donne raison à l'expert Ahmed Mizab.
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