Boumerdes - Revue de Presse

Boumerdès : Les commerçants font la loi



Ne faisant jamais exception à la règle, le mois sacré du Ramadhan s'annonce, cette année, aussi brûlant par la flambée des prix des denrées alimentaires notamment les viandes et les légumes. Pour les chefs de ménage, c'est le mois du vrai sacrifice puisque cette année, ils auront beaucoup de mal à «jongler» entre les dépenses alimentaires et les frais de scolarité des enfants, rentrée scolaire oblige.

Cependant, une chose est sûre, le budget familial sera certainement mis à rude épreuve quand on sait qu'à la veille du 1er jour de jeûne, une certaine excitation s'est emparée des marchés des fruits et légumes que ce soit au niveau du gros ou du détail, comme s'il y avait une certaine complicité dans l'air entre les deux parties sur le terrain, et au milieu l'infortuné père de famille, impuissant devant le diktat des commerçants.

D'ailleurs notre petite virée au sein du marché de gros de Khemis el-Khechna qui est considéré comme le baromètre des prix à l'échelle régional, au centre du pays, nous a bien renseigné sur les coulisses de la spéculation des mercuriales des fruits et légumes. Selon les propres termes d'un propriétaire de carreau «il y a une vraie mafia des légumes à Khemis el-Khechna. Elle agit au vu et au su de tout le monde». Toujours selon notre interlocuteur: «vous savez ces gens-là n'ont ni foi, ni loi et ils sont maîtres dans le milieu du négoce des produits agricoles». Autrement dit, ils entrent en action à chaque fois que le produit se fait rare et ainsi ils déterminent, à leur guise, le prix de tel ou tel produit. C'est le cas de le dire pour la salade, actuellement, qui s'arrache à 80 DA le kg, dans ce marché de la Mitidja. Pour en savoir plus sur les étals des marchands du marché de Boumerdès, la même laitue est vendue entre 100 DA et 150 DA, selon la qualité et quelques fois elle est introuvable.

Par ailleurs, on nous a fait savoir que la raison principale de la montée en flèche du prix de la salade est due à un problème de brulûre par les coups de chaleur des dernières semaines qui ont fait que le végétal a subi d'importants dégâts. «Néanmoins, cela est justifié par l'offre et la demande, une loi incontournable des marchés, mais là où le bât blesse c'est que d'autres produits, très prisés pendant le mois de Ramadhan, subissent le même scénario sans qu'ils ne soient pour autant touchés par un quelconque problème de production. La tomate, la pomme de terre et la courgette ont d'ailleurs pris des courbes ascendantes quant à leur prix, bizarrement encore une fois, à la veille du mois sacré. Aussi, nous avons constaté que la hausse des prix au kilo a connu un taux de plus de 30% voire 50% d'augmentation sur le prix, il y a tout juste quelques jours de cela.

Pour les pouvoirs publics, le ministère de l'Agriculture rassure les ménagères en ce qui concerne la maîtrise du prix de la pomme de terre dont 121.000 tonnes sont stockées dans les chambres froides à travers le pays. Une fois, un dérèglement constaté dans les mercuriales, l'Etat intervient par le déstockage des quantités de régulation pour stabiliser le marché dans chaque wilaya.

Pour les petites gens, il aurait été intéressant si ce système était appliqué pour les autres produits soumis à la forte spéculation surtout pendant le mois de Ramadhan.


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