Jamais rentrée scolaire n'aura fait couler autant d'encre et mobiliser les parents d'élèves que celle de 2008-2009, qui a été marquée par une série de perturbations au niveau du moyen avec l'arrivée de deux cohortes (5e et 6e années), qui ont chamboulé toutes les cartes scolaires du fait du déficit en capacité d'accueil constaté, surtout au niveau des établissements situés dans la partie ouest de la wilaya, à l'instar des communes de Khemis El-Khechna Hammadi, Boudouaou ou Ouled Moussa. Mais c'est surtout le lancement tardif des opérations de réfection et d'aménagement qui empoisonne le quotidien des élèves du cycle primaire. Les APC de Boumerdès, qui ont bénéficié d'une enveloppe de 49 milliards de centimes, auraient dû entamer les travaux durant les vacances scolaires. Pour se défendre, certains maires parlent de retard des subventions qui ne sont pas arrivées à temps. D'ailleurs, dira un P/APC, «nous avons entamé des travaux d'étanchéité au niveau de deux établissements sans avoir touché le moindre sou, l'ODS a été signé et l'entreprise s'affaire déjà sur place». Pour un autre P/APC : «nous avons bénéficié d'une enveloppe de 1,5 milliard de centimes mais il faut lancer la consultation, ce qui va encore prendre deux autres mois» et d'ajouter, «si nous engageons deux ou trois entreprises par le gré à gré nous risquons gros».
Les travaux en cours, dans certains établissements, gênent les potaches durant les heures de classe et la récréation. A ce sujet, un directeur d'une école primaire avoue : «à chaque sonnerie, je mobilise tous les enseignants pour suivre les élèves du portail jusqu'en classe en traversant ce chantier», «le risque d'accident est énorme, surtout pour les classes de 1ère et de 2ème années où les élèves veulent jouer», ajoute le directeur. A Si Mustapha, dans la daïra des Issers, les travaux d'étanchéité des classes devaient être lancés au mois de juillet, mais «nous sommes à la mi-septembre et l'entreprise n'a pas encore commencé», nous explique le chef d'établissement. Même topo à l'école Ouaguennouni du village agricole, deux salles de classes en ruines mettent la vie des élèves en danger, depuis la mini tornade qui a balayé cet établissement il y a deux ans, mais les écrits du directeur sur cette situation sont restés lettre morte. Dans la commune de Thénia, les responsables de l'APC, interpellés à maintes reprises par la directrice et les parents d'élèves sur le danger qui guette leurs progénitures du fait de la présence d'une ligne de haute tension au-dessus de leur tête, cette situation a obligé les responsables de l'établissement à opter pour la double vacation au sein de l'école Farhi, la réaction des parents fut immédiate, leurs représentants se sont déplacés à l'académie pour dénoncer les conditions dans lesquelles les élèves vont suivre leurs cours cette année.
Un parent que nous avons rencontré devant le siège de la direction dira : «on ne comprend pas cette ambiguïté entre le discours du ministre de l'Education, qui affirme que le système de double vacation est révolu, et la réalité du terrain où nos enfants par la faute des services concernés sont obligés de s'entasser comme des moutons dans des salles de classes dont le dernier coup de pinceau remonte à une décennie».
Dans la même commune mais plusieurs kilomètres plus loin, les élèves de l'école de Sghirat ont dû attendre une journée pour permettre aux services de nettoyage de la commune de déblayer les détritus. Il faut reconnaître que certaines APC ne semblent accorder aucune importance aux écoles primaires, dépourvues d'eau, de chauffage ou de mur d'enceinte. Les établissements du premier cycle sont livrés à eux-mêmes, un directeur dira que le gardien ne fait pas son travail, les femmes de ménages font semblant de nettoyer, «j'ai alerté les gens de la mairie, ces employés émargent à l'APC et travaillent comme ils veulent». Il faut dire que certaines femmes de ménages ne touchent que 3.200 DA, car recrutées dans le cadre du filet social, idem pour les gardiens qui ne possèdent même de poste budgétaire, avoue un vice-président.
Mme Saheb, directrice de l'Education de Boumerdès, reconnaît que les établissements du primaire «restent la main qui fait mal» du secteur, car gérés par un autre organisme, «l'Education assure le personnel, l'administration et tout ce qui est inhérent à la pédagogie mais, hélas, reste impuissante devant ces situations qui entravent l'effort de l'enseignant et de l'élève». Pour rappel, il existe 345 écoles primaires à travers les 32 communes de Boumerdès, accueillant 83.000 élèves.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : O M
Source : www.lequotidien-oran.com