
L'UNPA (l'Union nationale des paysans algériens) de la wilaya de Boumerdès a tenté d'impliquer le wali de cette localité afin d'influencer les décideurs du FLN et faire pencher la balance du choix des candidats aux législatives en faveur des éléments de cette organisation paysanne.D'un autre côté, cette rencontre avec les fellahs convoquée par Hassane Mallaoui, président du bureau de Boumerdès de cette organisation, n'a fait qu'exacerber la colère des fellahs de la région qui n'ont pas tardé à réagir : «Un ancien gardien du domaine autogéré qui squatte cette organisation depuis plus de 20 ans et qui ne fait rien pour les fellahs sinon les abandonner à leur sort, a fait une grossière erreur en utilisant les problèmes des fellahs pour se faire une place sociale. Allez-y voir le bureau de l'UNPA à Boudouaou, la porte est rouillée et le local est plein de toiles d'araignée», hurlait au téléphone ce grand vigneron de la plaine de Sebaou. Il faut dire que Hassène Mallaoui, l'indétournable président du bureau de Boumerdès de l'UNPA, a tenté un grand coup pour mettre la pression sur les décideurs du plus vieux parti pour avoir pas moins que la tête de liste de la circonscription de Boumerdès. Pour ce faire, il a ramené ce samedi un soutien de taille en la personne de Mohamed Allioui, secrétaire général de l'UNPA, et s'est risqué à impliquer le wali de Boumerdès. En effet, dans l'invitation qui nous a été envoyée, il est question d'une rencontre avec les fellahs de la région sous les auspices de Allioui et du wali de Boumerdès, Abderrahmane Madani Fouatih, et dont le thème est en rapport avec les problèmes et les préoccupations des fellahs de la wilaya de Boumerdès. Le jour J, point de wali mais la députée et membre du bureau politique du FLN Salima Athmani qui s'est installée à la tribune aux côtés de Allioui. D'autres députés et le PAPW/FLNistes étaient également présents dans la salle Sennani. Le président du bureau de l'UNPA prend la parole pour dresser une longue liste de revendications des fellahs de Boumerdès concluant son intervention par la promesse de la prise en charge des doléances de cette frange sociale (les fellahs). Pour sa part, le secrétaire général de l'UNPA a commencé son speech par une intrusion dans le domaine politique en revenant à l'occasion sur la décennie noire qui a vu, selon lui, les fellahs faire face aux terroristes seuls. «Toutes les terres sont-elles cultivées '», s'est-il interrogé en entrant dans le vif du sujet laissant entendre, en outre, qu'il y a des dysfonctionnements dans le secteur. «Les responsables qui géraient avant 1999 le secteur agricole l'ont cassé», s'est-il exclamé au grand plaisir d'une foule à majorité FLNiste. Pour l'exemple, il cite la disparition de 17 offices nationaux dissous. En abordant le problème de la facturation par les fellahs de leur production, démarche exigée par le gouvernement, Allioui a lancé quelques fléchettes en direction des départements de l'agriculture et du commerce remettant en cause les compétences de certains ministres. Puis, il énumère quelques promesses comme celle de donner 12?000 hectares de terres dans les Hauts-Plateaux ou au sud du pays aux éleveurs de Boumerdès, Tizi-Ouzou et Bouira. Il leur demande de s'organiser à cet effet. Dans le même sillage, il a menacé d'ester en justice le directeur des services des domaines de la wilaya de Boumerdès, lequel, d'après Allioui, fait attendre depuis 2010 les fellahs pour leur délivrer les actes de concession. Passant à la chose pour laquelle il s'est déplacé à Boumerdès, le S/G de cette organisation paysanne lance : «Je dis aux fellahs ceci ; ceux qui vous considèrent considérez-les, celui qui vous méprise, méprisez-le.» Et d'ajouter : «Ce sont les fellahs qui votent massivement. Ils doivent donc figurer en nombre et aux premières places des listes électorales.» «Moi, je suis FLN et je n'ai aucun problème avec les autres partis politiques.» Il ne faut pas exercer de la haute politique pour comprendre le message ; Allioui veut des représentants de son organisation aux premières loges des listes électorales et un vote au bénéfice du FLN. A la fin de cette rencontre, nous avons questionné Mallaoui sur la multitude de postes qu'il occupe, notamment la présidence du conseil d'administration de la CRMA (second mandat), président du bureau local de l'UNPA depuis plus de 20 ans, président de plusieurs coopératives et, semble-t-il, il est également élu au conseil d'administration de la CRMA/Banque. Ce dernier nous a affirmé qu'il n'est que président élu du CA de la CRMA et président du bureau de l'UNPA. Un observateur avisé de la région ne peut que s'interroger : à quel moment la CRMA a-t-elle organisé ces élections pour permettre à Mallaoui d'acquérir un second mandat ' A moins que cette situation ne l'arrange dans le secteur de la gestion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com