
Deux hauts dirigeants du FFS (Front des forces socialistes), en visite samedi à Boumerdès dans le cadre d'une activité partisane, ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour fustiger le département de la justice et l'administration régionale que dirige la ministre-wali, Yamina Zerhouni, laquelle administration maintient la suspension l'ex-maire de Boumerdès, Sid Ali Aà't Si Larbi, de ses fonctions de chef de l'exécutif communal et même de simple élu de ce parti.Cette suspension date de janvier 2016. Or, l'élu du FFS a bénéficié d'un non-lieu, aussi bien de la part du juge d'instruction que de celle des magistrats de la Chambre d'accusation de Boumerdès. Au motif que le parquet de Boumerdès a introduit un recours auprès de la Cour suprême, la suspension est maintenue.Pour rappel, Aà't Si Larbi est cité dans une affaire qui concerne des fonctionnaires de la commune. Ces agents sont en effet accusés d'avoir volé des outils de construction (pieds droits) objets de scellés judiciaires du parc communal. La justice reproche à l'ex-maire le retard mis pour déposer plainte alors que ce dernier se défend d'être en congé au moment des faits.Intervenant en premier lors de cette activité organique, Abdelmalek Bouchafa, premier secrétaire du FFS, a exigé, par la suite, la réintégration du maire dans son poste de premier magistrat de la commune du Rocher noir.Après avoir fait une brève rétrospective sur la violation des droits et des libertés sociaux et politiques des Algériens par l'Autorité en place, Ali Laskri, coprésident de ce parti, a réservé une partie de son intervention à ce dossier : «Nous constatons par ailleurs des suspensions et des condamnations des élus à la carte. Je vous cite le cas du P/APC du chef-lieu de la wilaya où nous sommes réunis. C'est un cas édifiant et unique dans les annales politiques de notre pays», s'exclamera-t-il.L'orateur revient en outre sur les péripéties rocambolesques qui ont abouti à la suspension d'Aà't Si Larbi de son poste de maire.Estimant la décision prise par le procureur de Boumerdès injuste,Laskri affirme que certains agissent pour casser le développement de la bonne gouvernance locale. Et d'enfoncer le clou. «La mafia et les véritables corrompus seront arrêtés et jugés le jour où il y aura une justice indépendante dans notre pays.»Justice et paradoxesSuspendu en janvier 2016 ,l'ex-maire de Boumerdès en poste depuis les élections de 2012, fait lecture de l'alinéa 2 de l'article 43 du code communal pour exiger sa réinstallation au poste à la tête de l'exécutif communal. Cependant, il a été remplacé en janvier 2016 par Djamel Baouali, élu sur la liste du RND.Ce dernier a de son côté fini par démissionner pour être remplacé lui aussi, il y a moins d'une semaine, par Mohamed Bouferkas, élu sur la liste de l'UDS (Union des forces démocratiques et sociales) de Noureddine Bahbouh. «Autres paradoxes, il y a en effet des faits qui laissent perplexe l'opinion publique locale. Pour bon nombre de citoyens, les faits reprochés à Aà't Si Larbi sont de loin moins graves que ceux qui ont scandalisé, ces dernières semaines, ces citoyens, lesquels attendant la réaction de la justice», nous a confié un président d'association. Notre interlocuteur faisait allusion à l'affaire du trafic des certificats de conformité, de la tentative de brader les biens communaux (parkings) et la distribution douteuse du couffin du Ramadhan et de l'indemnité de scolarité.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com