Depuis les dix dernières années, des centaines de logements socio-participatifs, inscrits au profit de la wilaya de Boumerdès, ne sont pas encore réalisés l Les citoyens qui ont formulé leurs demandes pour en bénéficier se disent «indignés», en raison des lenteurs enregistrées pour répondre à leurs v'ux.
Le wali de Boumerdès a révélé récemment lors de la dernière session de l'APW, que pas moins de 2400 unités de ce type, sont en souffrance à travers les différentes localités de la région. Certains projets sont à la traîne depuis plus de dix ans. C'est le cas de celui des 70 logements de Naciria, qui piétine depuis 2002, ou encore des 130 unités implantées à la sortie est de la ville de Thénia, dont les travaux sont à l'arrêt depuis deux' décennies. Les maîtres d'ouvrage et les entreprises chargées de leur réalisation n'ont pas été à la hauteur de leur mission. Les difficultés constatées avant la restructuration du groupe EPLF sont toujours de mise.
Les nouvelles mesures prises par le ministère de l'Habitat après l'assainissement de cet important holding, n'ont finalement pas eu les résultats escomptés sur le terrain. Plusieurs autres programmes, lancés il y a plus de cinq ans, tardent à être réceptionnée à cause des problèmes financiers et des litiges opposant certaines entreprises aux entités économiques qui ont été séparées de l'EPLF. Ces litiges ont été à l'origine d'inextricables blocages. Ces nouvelles entités ont hérité d'une situation catastrophique, aggravée par les retards mis pour l'application du plan de relance décidé par le gouvernement.
Certaines sources indiquent que le passif financier de ces entreprises n'est pas encore épuré. Idem pour les dettes contractées par l'entreprise mère (EPLF), et qui ne sont toujours pas remboursées. Ce qui n'a pas été sans conséquence sur l'état d'avancement des projets qui leur ont été affectés. À cela s'ajoutent les anomalies constatées dans l'application de la réglementation en vigueur, notamment de la part des promoteurs privés.Certains d'entre eux sont accusés d'avoir exercé leur diktat dans le choix de la liste des bénéficiaires des programmes de logements qu'ils avaient réalisés.
Cette situation qui a provoqué l'ire de nombreux citoyens, a incité l'ancien wali, M.Merad, à geler un programme de 1200 logements. La décision a été prise pour permettre la mise en place d'une nouvelle réglementation qui garantira aux citoyens le droit d'accéder à cette formule d'aide qui suscite les convoitises des uns et des autres. Deux ans après, rien de concret. La part du lion du programme en question a été confiée à l'OPGI. Plusieurs communes ont en bénéficié, telles que Naciria, Bordj-Menaiel, Dellys, Khemis El Khechna, Béni Amrane, Boudouaou, Boumerdès, Ouled Moussa. Mais aucun projet n'est encore entamé, au grand dam des citoyens ayant nourri l'espoir d'avoir un nouveau toit.
«On n'a eu que des promesses. Cela fait plus de quatre ans qu'on attend. Les responsables locaux m'ont annoncé avoir fait même le choix de terrain, mais on a rien vu venir», tempête des citoyens de Béni Amrane. Une complainte qui revient comme un leitmotiv sur toutes les langues à Boumerdès. Mais les responsables concernés semblent déconnectés de tout.
Les contraintes et les problèmes sus-mentionnés ne captent plus leur attention. Pourtant, il y a une semaine, le ministre de l'Habitat et de l'urbanisme avait indiqué à partir de Sétif, que les projets qui ne seront pas réalisés à temps seront réaffectés au profit d'autres wilayas.
Au rythme où vont les choses, cette wilaya, qui a eu 31 356 logements dans le cadre du programme quinquennal en cours, risque d'être la première «victime» de la nouvelle mesure.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Koubabi
Source : www.elwatan.com