Boumerdes - A la une

Anarchie dans les crèches



Anarchie dans les crèches
Le fonctionnement de la plupart des crèches échappe au contrôle de l'Etat.La wilaya de Boumerdès connaît un grand déficit en crèches et garderies de la petite enfance. Le programme portant la dotation des communes de la région par ce genre de structures n'a pas donné des résultats probants. Aujourd'hui, des milliers de couples ne trouvent pas à qui confier leurs enfants le matin pour se rendre à leur travail. Si certains les laissent chez les proches ou les grands parents, d'autres les confient aux voisins ou à des femmes au foyer qui ont fait de «la garde d'enfants un métier». Cette activité, qui a pris de l'ampleur ces dernières années, échappe totalement au contrôle de l'Etat.Selon la Direction locale de l'action sociale (DAS), la wilaya compte 77 crèches et/ou centres d'accueil de la petite enfance qui sont opérationnels. Ces établissements accueillent plus de 6000 enfants. Trois crèches, à savoir celles se trouvant à Thénia, Baghlia et Larbatache, ont été réalisées par l'Etat avant d'être cédées en 2015 par adjudication aux privés à des prix variant entre 1 et 2 millions de dinars. Les autres structures appartiennent à des particuliers, mais la plupart ne respectent pas les cahiers des charges et les engagements faits avant l'obtention de l'agrément.A Bordj Menaïel, des garages aménagés et des appartements font office de crèches, témoigne un parent qui dénonce l'absence de contrôle. «Vu leur manque, certaines structures reçoivent le double du nombre d'enfants qu'il en faut comme c'est le cas à Boumerdès et Boudouaou. D'autres activent sans aucun agrément et manquent d'hygiène, de sanitaires et d'encadrement», révèle un membre de la commission sociale et culturelle de l'APW.Cet élu, qui a participé récemment à une enquête sur la situation des crèches de la région et leur fonctionnement, se dit surpris par l'anarchie qui règne dans ce secteur. «Outre leur exiguïté, de nombreuses garderies emploient des éducatrices sans aucune qualification et non déclarées à la sécurité sociale, comme c'est le cas à Boumerdès, Corso, Thénia, Cap Djenet, Khemis El Khechna, etc.», a-t-il précisé. Encouragés par la concurrence déloyale, la pluparts des gérants de ces structures ne sont attirés que par le gain qu'offre ce créneau, mais rarement par le confort de la petite enfance.«La plupart pratiquent des prix exorbitants allant de 5000 à 7000 DA pour des prestations ne permettant guère l'épanouissement des enfants. Malgré cela, leurs établissements sont très sollicités par les couples à revenus moyens», affirme notre interlocuteur. Les parents ne savent plus à qui se plaindre. «Je travaille à l'INPED et ma femme est enseignante à l'université. Nous avons deux filles de 3 et 5 ans. Cela fait deux ans qu'on les emmène à la crèche sise à la cité Coopérative qui accueille une soixantaine d'enfants.Quand je pars récupérer mes fillettes le soir, je les trouve parfois endormies à même le sol et se plaignent de n'avoir rien mangé», confie Yakoub, qui se demande où sont passés les services de contrôle. Le hic est que la délivrance d'agrément pour l'ouverture de ce genre de structures se fait par une commission ad hoc de la wilaya après une enquête approfondie sur la moralité du demandeur et la conformité de la structure. Néanmoins, ces enquêtes, qui durent parfois plus d'une année, n'ont jamais été accompagnées par des sorties d'inspection et de contrôle sur le terrain pour mettre en demeure les contrevenants et les obliger à respecter la réglementation en vigueur.
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