Boumerdes - Revue de Presse

Analyse du jeudi



L’argent aux dépens de la «chariaa»Les enlèvements de citoyens et l’exigence d’une rançon contre leur libération sont devenus une pratique de plus en plus utilisée par les GSPC durant ces derniers mois. Apparue surtout depuis la fin de l’année dernière dans la wilaya de Boumerdès, il était clair qu’elle n’allait pas manquer de se reproduire, çà et là, dans d’autres wilayas pour des fins de financement d’un «djihad» qui, dès lors, se confond totalement avec un banditisme des plus classique. Si jusque-là, le terrorisme voulait et tenait à apparaître comme un «djihad» au sens religieux du terme, même s’il ne pouvait s’empêchait de recourir à des pratiques mafieuses, avec les enlèvements, il se met, lui-même, en totale contradiction avec sa propre idéologie par laquelle il a tenté, par le passé, de justifier le sang qu’il ne cesse de répandre. Et, plus que quiconque, il est le premier à savoir, qu’en matière de «charia» dont il se donne l’illusion et cherche à faire croire qu’elle est la principale référence de ces actes criminels, il est totalement en porte à faux. Et pour preuve, chaque fois qu’il s’est donné une occasion de revendiquer ses actes sanguinaires de ces derniers mois ou de se démarquer de certains d’autres qui ont été commis durant la même période, il prend soin de ne s’attribuer aucun acte d’enlèvement ou même de s’en laver les mains, bien que tout le monde le pointe du doigt. Le problème est que les enlèvements tels qu’il les pratique et les rançons qu’il exige à des fins de financement de son terrorisme sont interdits par la «charia» dont il se réclame. Les théoriciens et autres idéologues du terrorisme islamiste qui ont eu à se prononcer sur cette question -et ils ne sont pas nombreux- sont restés très proches des opinions des grands théologiens. Pour les uns comme pour les autres «ne peut être enlevé que celui dont il est permis (du point de vue de la «charia») d’en faire un prisonnier afin de faire pression sur l’ennemi ou dans l’objectif de l’échanger contre d’autres prisonniers». Dans le cas du GSPC, cela n’a pas été ce qu’il cherchait pour la simple raison que ses victimes n’avaient rien à voir sur ce plan. Et ce qui lui complique davantage ces actes injustifiables, il sait que conformément aux références religieuses où d’habitude il puise les justifications de son aveuglement, il ne lui est permis de garder une personne prisonnière que si elle le combatte où aide expressément ce qui le font. Or dans les cas d’enlèvement qui ont, tous, été systématiquement suivis de demande de rançons, aucun citoyen n’entrait dans cette catégorie. Et, là également, il a perdu ses repères et sa fausse prétention de n’être animé que par le souci de «défendre l’Islam». Le seul cas «autorisé» pour exiger une rançon contre la libération d’une personne enlevée, c’est quand celle-ci est prise de la rétribution reçue de la part de l’ «ennemi» pour service rendu et pour l’avoir aidé à contrer les «moudjahidine et le djihad», mais en aucun de son argent gagné à la sueur de son front et de manière légale. Ce qui ne s’applique pas à tous ceux que le GSPC a enlevés. Et, finalement, ce qui vient anéantir définitivement l’image qu’il voulait avoir de lui-même et accessoirement la montrer aux autres qui voudraient bien le croire, théoriciens, idéologues, fouqaha et légistes de la «charia» sont unanimes pour décréter que «le djihad ne peut être financé avec des rançons». Ou pour être plus précis: «Il n’est pas permis d’enlever une personne pour négocier sa libération contre de l’argent qu’elle a gagné honnêtement. Et en aucun cas cet argent ne doit financer le djihad. Le djihad ne doit être mené par le rançonnement des gens». Jusque-là, il n’y avait que le GSPC et les siens qui voyaient à travers le terrorisme qu’ils font subir au pays un «djihad». Avec la pratique des enlèvements pour de l’argent, le dernier masque est tombé.   Mohamed Issami
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