Des milliers d’habitants de la commune de Naciria (Boumerdès) ont exprimé, une nouvelle fois, leur opposition à un projet de carrière de feldspath sur les hauteurs de Sidi Ali Bounab.
Proposé par la société privée Sarl Newtech Ceram (Batna) sur une superficie de 5 ha, le projet suscite l’inquiétude des riverains, des agriculteurs et des acteurs de la société civile, qui redoutent des impacts irréversibles sur l’environnement et les sources hydriques qui abreuvent les villages du sud de la ville.
L’enquête publique ouverte à cet effet a donné lieu à une large mobilisation, placée sous le mot d’ordre: «Nos montagnes ne sont pas à vendre».
«Le projet aura des conséquences catastrophiques sur l’écosystème et la vie des habitants de toute la région», alerte Fateh Salhi, vice-président de l’association Algérie verte.
Selon lui, ce projet est contraire aux dispositions de la loi n° 03-10, qui impose à l’Etat la protection des écosystèmes, des ressources naturelles et de la santé des citoyens.
«Les carrières signifient poussière, destruction du couvert végétal, nuisances permanentes, maladies respiratoires et dégradation des routes et de la qualité de vie», explique-t-il.
Le P/APC, Karim Yassa, affirme que plus de 2.000 citoyens ont dit «non» à cette carrière sur le registre mis à disposition au service de l’état civil, rappelant que d’autres projets similaires avaient déjà été rejetés par la population.
Avant-hier, de nombreux habitants ont observé un sit-in devant le siège de l’APC pour exiger l’annulation du projet et la préservation de leur environnement contre toute forme de destruction et de pollution.
- Une zone protégée par la loi
Haut lieu de la résistance durant la Guerre de Libération nationale, Sidi Ali Bounab abrite l’une des plus importantes forêts de la wilaya de Boumerdès. Un espace classé et protégé par la loi n° 04-03 relative à la protection des zones de montagne.
«Le site devait accueillir une zone d’extension touristique avec des espaces de repos et des projets compatibles avec les Objectifs du développement durable», indique le maire.
Sur les réseaux sociaux, la mobilisation ne faiblit pas.
«Ces montagnes font partie de notre mémoire collective et de l’identité de la région. On y trouve des grottes et plusieurs sources d’eau qui profitent à tous les villageois et qui risquent de disparaître sous l’effet des opérations de dynamitage et des vibrations. La carrière aura aussi des conséquences désastreuses sur l’agriculture de montagne et l’élevage qui constituent la principale activité de beaucoup d’habitants», indique Merzak Moussouni, représentant d’Imaghninen, sis à moins de 500 mètres du gisement du feldspath.
Rezki Benameur, membre de la coordination des comités de village, pointe le manque de transparence et les irrégularités qui entourent l’étude d’impact du projet.
«L’approbation de cette étude par les directions de l’hydraulique, de l’agriculture, des forêts et de l’environnement position pose moult interrogations d’autant qu’elles avaient rejeté des projets similaires par le passé et lancé un programme de reboisement sur 80 ha à Sidi Ali Bounab», estime-t-il dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.
«Si ce projet devait sauver le pays, nous ne dirions pas non. Mais s’il sert à remplir les poches de quelques industriels au détriment de notre environnement, nous ne l’accepterons jamais», a-t-il ajouté.
La wilaya de Boumerdès compte à présent 36 carrières, dont une vingtaine sur les hauteurs de Keddara, dénoncées par les populations locales pour leurs nuisances et l’absence de retombées économiques.
Les autorités ont enregistré 582 aux normes de l’environnement en 2023 et 1066 en 2024 à travers la wilaya.
Par Akar Qacentina: "Une similitude dans la wilaya de Constantine, en effet une belle région d'Algérie, il s'agit de la daira de Aïn Abid englobant les communes de Ben Badis et Ouled Rahmoun où il faisait bon vivre. Puis vint la période des carrières d'agrégats lancées à tort et à travers rendant la région invivable avec la dégradation des milieux naturels (Massif d'Oum Settas...) aggravée également par la mauvaise gestion du CET (Centre d'enfouissement technique), fumées, pollution des cours d'eau par les lixiviats... A mon point de vue les carrières des différents gisements doivent être étudiées au niveau régional et même national afin d'éviter la dégradation de nos belles régions d'Algérie. Cas de la région de Naciria"
Photo: Le village de Naciria
Par Ramdane Kebbabi
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Par Ramdane Kebbabi
Source : elwatan.dz du mercredi 21 Janvier 2026