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Yacine Azzouz : danse avec le ballon Sports : les autres articles



Yacine Azzouz : danse avec le ballon Sports : les autres articles
L'histoire de Yacine Azzouz avec le freestyle, c'est comme un coup de foudre. Ce heune homme a laissé tomber sa carrière de footballeur pour se consacrer pleinement à l'art de manier le ballon. El Watan Week-end fait le portrait d'un artiste plein d'énergie et d'ambitions.
Il est jeune, sportif et artiste. Yacine Azzouz, un freestyleur football de 21 ans, étudiant en 2e année en sciences économiques à l'université de Bouira, a prouvé qu'on peut devenir une star du ballon rond sans évoluer dans une équipe. Sans être obligé de jouer sur les pelouses des stades. Dans la rue, sur une scène, on peut faire son numéro. Une musique est indispensable. Yacine aimait le football et dit avoir fait toutes les catégories en club de poussin jusqu'à senior. «Mes amis m'appellent le petit Brésilien parce que je manie bien le ballon», confie-t-il. Son aventure avec le freestyle commence en 2011. Grâce à internet, Yacine découvre les vidéos d'autres freestyleurs et de grands joueurs comme le Brésilien Ronaldinho et l'Argentin Maradona. «Et c'est à partir de là que j'ai commencé à apprendre quelques gestes», dit-il.
Il faut tout de même reconnaître que ce n'était pas facile de se lancer dans une discipline peu connue en Algérie, à la limite entre le sport et l'art. «Au début, c'était très dur. Je ne savais pas quoi faire. Mais avec une grande volonté, j'ai réussi à dépasser toutes les contraintes», reconnaît-il. Il se découvre donc en tant que freestyleur. Un don d'artiste dont il ignorait tout auparavant. Après plusieurs séances d'entraînement chez lui, avec un vieux ballon, Yacine apprend ses premiers gestes. Les deux années que Yacine a passées à pratiquer le full-contact étaient également une aubaine pour que son corps s'adapte et exécute rapidement et avec adresse les différentes techniques qu'exige cet art.
Le foot autrement
«J'aime montrer ce que je fais à mes amis lors des entraînements. Cela est devenu par la suite une habitude», raconte Yacine. Ce fut l'occasion pour lui d'opter pour une autre forme de jouer au foot. Comment se faire connaître ' Chose impossible quand on n'a pas les moyens. Toutefois, le rêve du «petit Brésilien» n'a pas tardé à prendre forme. L'été 2011, le groupe agroalimentaire Soummam a organisé une compétition nationale du freestyle baptisée «Yago Freestyle Cup», à l'occasion du lancement d'un nouveau produit. Pas moins de 30 participants de plusieurs régions d'Algérie, dont Yacine, ont été conviés à cet événement. Notre jeune freestyleur a pu convaincre les membres du jury qui l'ont déclaré champion. Première participation, premier trophée. Yacine trace son chemin. «J'ai tenté ma chance et grâce à Dieu et à mes amis qui m'ont soutenu, j'ai réussi enfin à remporter la compétition. Et c'est là que j'ai pu retrouver mon chemin», souligne le nouveau champion national du freestyle football qui tient surtout à «remercier ses parents pour leurs conseils». Après cet exploit, Yacine a animé plusieurs shows. Il a pu mettre de l'ambiance dans les tribunes des stades lors des grands matchs de la coupe d'Algérie.
Le champion au FSM
Les milliers de supporters en étaient ravis. Des vidéos en témoignent. Les présidents des clubs, de leur côté, peuvent faire signer des contrats à ces jeunes. Outre les stades, l'artiste poursuit ses spectacles à travers plusieurs villes d'Algérie. A chaque fois qu'une manifestation culturelle est organisée, il est invité. Il est le champion ! Un autre tournoi sponsorisé par Sony Mobile a été organisé à Alger en juin 2012. La chance a encore une fois souri à Yacine. Il a remporté le championnat d'Algérie. «Je me suis entraîné et préparé pour cette compétition. Mais il faut reconnaître que ce n'était pas venu facilement. Cela a demandé beaucoup plus d'efforts.» L'année 2013 s'annonce prometteuse. D'abord la création d'un groupe de break danse appelé Dziri Style, composé de deux freestyleurs bascketball, un de foot (Yacine), deux break-danser et un beat-boxer.
A la fin de mars dernier, le groupe a participé au Forum social mondial (FSM) qui s'est déroulé en Tunisie. Mais les embûches ne cessent de pousser comme des champignons sur le chemin de cet artiste. De son titre de champion d'Algérie de 2012, il n'a aucun document pouvant l'attester. Ainsi, les quelques promesses des autorités locales, que ce soit à Bouira ou ailleurs, d'aider ces artistes à promouvoir le freestyle en Algérie n'ont pas connu de lendemain. Chose prévisible dans un pays où plusieurs artistes et sportifs ne sont toujours pas considérés. «Nous souhaitons que les pouvoirs publics nous donnent un coup de main pour promouvoir et faire connaître cet art», souligne Yacine qui attend impatiemment un «mail» des organisateurs du championnat arabe du freestyle qui aura lieu à Dubaï prochainement Bon vent l'artiste.
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