Bouira - A la une

Vous avez dit corruption' BOUIRA



La corruption est partout. Elle a atteint même les milieux longtemps considérés comme des références, l'éducation, la justice, la santé, la gestion des communes, les mosquées...
Les récents scandales qui ont éclaboussé Sonatrach, et la décision du président de la République de désapprouver les auteurs, et son appel à «aller au fond des choses» a fait du sujet le thème de la une. Dans les cafés, dans la rue, dans les bureaux, tout le monde admet que la corruption ruine nos institutions, notre société. Parfois, certains disent même avoir été victimes, mais personne n'ose aller se plaindre. Ce dilemme reste inexpliqué. Le thème de la corruption est tellement complexe que tout le monde en parle, mais personne ne peut quantifier son ampleur. Croire qu'à Bouira la corruption n'existe pas, c'est faire preuve d' une amnésie volontaire sans égal et incurable. La difficulté réside dans la pluralité et les formes multiples de ce fléau né en marge d'une ouverture économique anarchique d'une déperdition extrême des valeurs. La corruption est partout. Elle a atteint même les milieux longtemps considérés comme des références, l'éducation, la justice, la santé, la gestion des communes, les mosquées... L'autre difficulté résulte de la loi de l'omerta qui est de mise et de règle dans ce milieu. Ni le corrupteur, ni le corrompu ne peuvent être clairement identifiés. Qu'est-ce qui nous permet alors de dire qu'elle existe' Les signes de richesses ostentatoires manifestés par des responsables, des personnes en exercice dans les administrations, affectées parfois à des postes rémunérés conformément au barème de la Fonction publique, suscitent des interrogations. Un cadre percevant 70.000 DA mensuellement ne peut en aucun cas se payer un véhicule haut de gamme, une construction individuelle, pour ne citer que ces deux grands projets. La cherté de la vie, la succession des grosses dépenses eu égard aux multiples occasions, la prise en charge de l'éducation des enfants... sont autant de freins au projet du véhicule, du logement, de la construction, aux voyages... Nombreux sont les cadres qui se permettent toute cette panoplie de dépenses sans attirer l'attention de personne. Les victimes restent, bien sûr, des personnes fragiles. Une entreprise, à ses débuts, peut facilement être une proie pour les différents responsables en charge de l'attribution des marchés. Pour avoir un plan de charge, l'entrepreneur est parfois obligé de «donner» quelque chose pour avoir les faveurs de l'administration. L'application des pénalités de retard, la résiliation aux torts exclusifs, le retard dans la régularisation des situations financières, la menace d'être porté sur la liste noire des défaillants... sont autant de points qui affaiblissent l'entreprise et qui augmentent les pouvoirs des «ripoux» de l'administration. Heureusement qu'ils ne sont pas nombreux, sommes-nous tentés de dire. La corruption est parfois hors du cadre. Des intermédiaires, proches d'untel ou untel, exercent des pressions sur l'administration pour décrocher des projets ou intercéder auprès d'elle. Ce travail ne se fait pas gratuitement faut-il le préciser. Les victimes ne recourent jamais à la justice parce que souvent les corrompus s'énorgueillent d'avoir le bras long. Même quand ils décident de parler, à la presse par exemple, ils refusent de fournir des témoignages écrits d'où la difficulté de dénoncer ces pratiques.
La corruption c'est aussi un fléau qui gangrène l'administration dans son intérieur. La promotion n'est pas toujours destinée aux plus méritants. Le clientélisme, le tribalisme, le «beni amiss»... sont autant de pratiques qui ruinent notre administration.
Cette manière de faire entrave le développement, la citoyenneté et la crédibilité de l'Etat aux yeux du contribuable qui ne fait plus confiance en ses «chefs». La situation vécue par l'Algérie pendant toute une décennie a favorisé l'incompétence, la situation de non-droit, le gain facile, l'absence de l'autorité étatique... ces facteurs réunis sont un cadre idéal pour l'émergence de la corruption, de la violence, le blanchiment d'argent, le commerce de stupéfiants. La lutte contre le terrorisme a occupé la primauté, laissant des brèches où les malfrats et la maffia politico-financière, pour paraphraser le defunt Boudiaf, ont investi le terrain et devenus les maîtres de l'heure. Les diverses échéances électorales ont servi à bon nombre de ces nouveaux riches de briguer des mandats et bénéficier de l'immunité qui leur permettra d'achever leurs sinistres projets, celui de faire croire que l'argent fait la personne et qu'avec l'argent on peut tout faire. Oui la corruption existe partout, c'est le ministère qui se porte le mieux, disait une caricature.
La voir c'est possible, mais prouver son existence reste le grand problème. Pour ne pas mettre tout le monde dans un même sac, l'Algérie recèle de vrais cadres, de vrais responsables que ni l'argent ni le pouvoir ne peuvent détourner du serment fait aux chouhada et aux ancêtres: celui de défendre l'Algérie jusqu' à la dernière goutte de sang qui circule dans leurs veines.
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