Le climat de violence fragilise les liens sociaux, préviennent les spécialistes.
L'université Akli Mohand Oulhadj de Bouira a organisé la semaine dernière le premier colloque scientifique international sur le thème «La société et la violence». Des spécialistes, sociologues, psychologues, ethnologues des différentes universités du pays, ainsi que d'autres venus de l'étranger (Suisse, France, Irak, Maroc'), ont pris part à cet évènement.
Les travaux de ce colloque ont été organisés à l'initiative de la faculté des sciences sociales et humaines de l'université de Bouira. Plusieurs conférences et ateliers sur différents thèmes ont été organisés au cours de ce colloque.
Le phénomène de la violence sous toutes ses formes, symboliques, médiatiques ou physique, s'est propagé d'une manière effarante dans les sociétés, diront les conférenciers. Tous les secteurs sont gangrenés par la violence, s'accordent à dire les universitaires.
Une étude et analyse sérieuses doivent cerner ce sujet d'actualité, diront-ils. D'où le rôle de l'université. Des thèses ont été exposées au premier jour de cette activité qui a tracé 5 objectifs à atteindre. En premier lieu, l'ouverture d'un débat scientifique et approfondi sur la société et la violence. Ensuite définir les causes qui génèrent la violence, ainsi que le rôle des institutions de la socialisation dans la limitation de la violence.Pour finir par l'élaboration d'une stratégie afin de prévenir et traiter ce phénomène.
Le premier conférencier ayant intervenu, Dr Rachid Hamadouche de l'université Alger 2, dans son analyse critique de la violence, estime que «la violence constitue un frein au développement. Elle contribue aussi et d'une façon directe dans la fragilisation des liens sociaux. Le concept de la violence est polysémique, chaque discipline lui donne une définition sans le cerner dans sa totalité». Dans son analyse critique, le Dr Rachid Hamadouche dira : «Les institutions de socialisation en Algérie sont en crise, la famille, l'école, les médias en général, toutes les institutions vivent un relâchement dans le processus de la socialisation. Il y a un antagonisme entre les discours que chaque institution véhicule. Chaque société produit sa violence. La difficulté de la situation économique, culturelle et politique provoque certaines formes de violence».
Pour sa part, Dr Salah Amar El Oueib, de Libye, s'est étalé durant son intervention sur la situation actuelle dans laquelle patauge le monde arabe, marqué par la violence. «Les peuples arabes sont en train de vivre des transformations radicales où la violence y est flagrante». Comme il a évoqué dans son intervention l'extrémisme religieux qui se prévaut d'une certaine légitimité religieuse pour se justifier des actes de violence.
De retour à l'expérience algérienne, Dr Tahar Souakri dira : «Nos villes à l'époque Ben Bella étaient des concentrations d'habitations où une obédience politique est imposée. Donc c'est l'exclusion de celui qui ne partage pas les mêmes visions. Ce qui conduit systématiquement à la violence, et c'est ce que nous vivons encore», estime le chercheur dans son intervention.
La clôture de ce premier colloque a été marquée par l'élaboration de dix recommandations. L'on cite entre autre, la prise en charge sociale des victimes de la violence. La sensibilisation sur le phénomène de la violence et ses répercussions. La création d'une cellule de vigilance composée de spécialistes pour cerner la question du chômage qui constitue d'un des facteurs économiques générant la violence.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Omar Arbane
Source : www.elwatan.com