
La procédure visant la privatisation de 28 fermes pilotes dans une première tranche a été faite en catimini et dans la discrétion quasi-totale, suscitant des questionnements.Les pouvoirs publics semblent encore une fois déraper quant à une démarche visant à redynamiser ses fermes pilotes, mal et peu exploitées. En effet, dans un appel à manifestation d'intérêt datant du 22 février dernier, le gouvernement a tenté, via l'appel en question, de sauver de l'inertie une partie du secteur agricole public, et ce, à travers la mise en place d'un partenariat public-privé. La première tranche dudit partenariat concerne «la privatisation» de 28 fermes pilotes sur 160 existantes à l'échelle nationale. L'opération sera suivie vraisemblablement par une seconde tranche touchant d'autres fermes, a-t-on précisé.Cette démarche a été engagée à travers une mise en concession de la majorité du capital (66% ndlr), en faveur de l'acquéreur national et à 49% pour un éventuel partenaire étranger, a-t-on relevé dans le cahier des charges, dont nous nous sommes procuré une copie. Des spécialistes et des professionnels du secteur agricole avec lesquels nous nous sommes entretenus au sujet de cette action se posent moult interrogations quant à l'efficacité de cette démarche engagée en catimini et dans le secret le plus total.En effet, le court délai d'un mois (février 2017 ndlr) pour le dépôt d'un dossier très complexe, atteste-t-on, suscite également des questionnements. Le partenariat en question, engagé certainement dans le cadre du «nouveau modèle économique» prôné par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, consiste à faire passer ces fermes disposant d'un statut public (EPE/SPA) sous la responsabilité d'un repreneur national ou étranger qui contribueront respectivement à la relance de l'activité agricole.Cette nouvelle libéralisation est-elle une solution à la défaillance de l'agriculture qui peine à couvrir la sécurité alimentaire du pays ' s'est interrogé Akli Moussouni, expert dans le domaine agricole. A titre illustratif, dans la wilaya de Bouira, il a été déjà constaté des conflits d'intérêts par apport à la location des terres des deux fermes pilotes situées au niveau des deux communes d'El Esnam et de Aïn Bessem au profit de producteurs de semence de pomme de terre ; pour rappel, plusieurs producteurs et spéculateurs se trouvent au centre d'une vaste enquête déclenchée par les services de la gendarmerie nationale.L'échec de cette démarche sera-t-elle évitée dans le cadre de ce nouveau partenariat touchant 28 autres fermes pilotes à travers le pays ' On le saura prochainement. Par ailleurs, et dans un entretien qui nous a été accordé, l'ingénieur agronome et expert dans le domaine agricole, M. Moussouni, a estimé que la mise en concession de ces fermes pilotes à travers une soumission à une très brève échéance sur la base d'une panoplie d'exigences administratives et des conditions de parrainage par les banques impossible à obtenir en si peu de temps, «laissent penser que c'est une démarche non ébruitée pour ne pas éveiller des réactions inattendue comme pour le gaz de schiste».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Fedjkhi
Source : www.elwatan.com