Bouira - A la une

Une marche et des symboles



La wilaya de Bouira a connu, hier, sa plus grande mobilisation pour la commémoration du 39e anniversaire du Printemps berbère et du Printemps noir, durant ces dix dernières années. En effet, ils étaient plus de 15 000 manifestants à s'être rassemblés, vers 10h, à la place des Martyrs, pour entamer une marche qui les a conduits vers le siège de la wilaya. Signe que la révolte populaire du 22 février a véritablement jeté les jalons d'une Algérie plurielle et multiculturelle, l'emblème national et celui de thamazgha flottaient côte à côte. D'ailleurs, ce symbole d'une Algérie réconciliée avec elle-même et son identité n'est pas fortuit. En effet, selon les organisateurs de cette grandiose marche, le 20 Avril de cette année scelle définitivement les débats stériles sur l'identité nationale. "Ce 20 Avril 2019 est celui de l'union de tous les Algériens contre le pouvoir en place et ses exactions commises contre le peuple. Certes, la Kabylie a payé le plus lourd tribut avec les martyrs du Printemps noir, mais le sacrifice de Massinissa et de tant d'autres n'a finalement pas été vain", a affirmé Slimane Chaâbane, militant de la cause amazighe et cadre local du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).D'autres acteurs des Printemps berbères ont souligné que la Kabylie n'a pas attendu le 22 février 2019 pour se révolter contre le régime en place et exiger plus de liberté. "Depuis la crise berbériste de 1949, en passant par la révolte de 1963 et d'Avril 1980 et enfin le drame d'Avril 2001, la Kabylie a toujours été à l'avant-garde des luttes pour la démocratie. Je suis fier de constater aujourd'hui que toute l'Algérie est mobilisée pour mettre un terme à ce pouvoir et à ceux qui le symbolisent", précisera Meziane Chaâbane, élu RCD à l'APW. Tout au long de leur procession, les marcheurs ont scandé le traditionnel slogan "Pouvoir assassin" en hommage aux 127 martyrs tombés sous les balles des gendarmes lors du Printemps noir. "Où est donc Noureddine Zerhouni, ce sinistre personnage qui a qualifié nos martyrs de voyous ' Il n'est nullement inquiété", fera remarquer Djamel, coordinateur du mouvement citoyen à Bouira. Les éléments des Unités de maintien de l'ordre (UMO) ont refait surface hier pour "protéger" la statue de l'Emir Abdelkader contre d'éventuelles dégradations. Un déploiement perçu comme une provocation par les manifestants.
"Depuis le 22 février, aucun Casque bleu n'a été déployé à Bouira, et aujourd'hui, en cette date symbolique, le pouvoir ressort son appareil répressif pour nous provoquer et nous pousser vers la faute, mais nous n'allons pas entrer dans son jeu malsain", confiera Djaâfer Abdedou, militant de la cause amazighe. Fort heureusement, aucun débordement n'a été signalé lors de cette démonstration de force. Par ailleurs, il y a lieu de signaler que l'esplanade de la maison de la culture Ali-Zamoum a été baptisée par les manifestants place du 22-Février, ainsi que le rond-point en face du CEM Mohamed-Khither, place du 20-Avril.
RAMDANE BOURAHLA
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