Bouira - A la une

Une commission interministérielle à pied d''uvre



Les différents cours d'eau et autres oueds de la wilaya sont concernés. Une catastrophe sanitaire dénoncée par les autorités locales, à leur tête le wali, lors d'un récent conseil de wilaya dédié aux risques de maladies à transmission hydrique et aux zoonoses.
Suite à de nombreux rapports transmis aux ministères concernés, à savoir ceux en charge de l'environnement et de la santé, une commission interministérielle a été dépêchée à Bouira afin de constater l'ampleur des dégâts, identifier les causes et tenter de proposer des solutions. En effet, depuis dimanche, les membres de ladite commission arpentent les différents cours d'eau à l'échelle locale. Leur première halte était à l'oued Isser (commune de Lakhdaria, ouest de Bouira), où des échantillons ont été prélevés dans différents endroits. Sur les rives de cette rivière, des cadavres de poissons s'amoncellent. Il faut dire que les eaux de ce oued sont d'une toxicité extrême, puisqu'en plus de la margine et du sang, les déchets hospitaliers au même titre que des produits chimiques qui pourraient provenir, selon les riverains, de l'usine de détergents implantée à Lakhdaria, y sont déversés sans le moindre contrôle. D'ailleurs, les membres de cette commission ont rendu visite aux usines de l'Enap (Entreprise nationale de peinture), ainsi qu'à une usine spécialisée dans les produits pharmaceutiques, dans le but de connaître les raisons de cette pollution. L'oued Djennan (commune de Dirah, sud de Bouira) est également au programme de cette commission. Et pour cause, les eaux usées provenant des canalisations d'assainissement se déversent dans cet oued. Pis encore, il est utilisé par certains agriculteurs de la région pour irriguer leurs champs, ce qui fait planer les risques de MTH, tels le choléra. L'oued Ziane (commune de Bechloul, est de Bouira) est également au menu, puisque son taux de pollution atteint des seuils alarmants. En cause, l'entreprise chinoise Sarl Dauphin d'or Industrie, spécialisée dans la fabrication de l'aluminium et autres produits destinés à l'habitat. En effet, après avoir été dénoncée par les travailleurs, les riverains sont montés au créneau à l'automne dernier pour s'insurger contre la dégradation effrénée de l'oued Ziane traversant une grande partie de la commune. Ils ont indiqué qu'une partie des eaux de cet oued est destinée à l'irrigation des terres situées à sa proximité. Au sujet des rejets toxiques, cette entreprise avait décidé un important investissement dans le but de pomper les eaux usées industrielles au niveau des fosses et regards de la zone, le curage des fosses, ainsi que le débouchage des canalisations. Enfin, les enquêteurs ont également prévu de se rendre à l'oued Belhem, qui traverse la commune de Taghzout du nord au sud, après la découverte de poissons morts début juin. À propos de l'origine de cette catastrophe écologique, certains riverains pointent le doigt vers la zone d'activité située le long de cet oued et dont les rejets sont parfois toxiques, comme c'est le cas pour une usine de peinture, située à proximité. Quoi qu'il en soit et en attendant les conclusions de cette commission interministérielle, les zones industrielles implantées un peu partout à travers la wilaya sont plus que jamais pointées du doigt par les citoyens et même les autorités locales.

RAMDANE BOURAHLA
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