Bouira - A la une

Une bavure d'un gendarme a failli plonger la région d'Ahnif dans la violence



N'était la sagesse qui a prévalu chez la majorité des citoyens de la commune d'Ahnif, et la diligence des responsables chargés de la sécurité au niveau de la wilaya, particulièrement le commandant du secteur militaire et le commandant de la Gendarmerie nationale, qui se sont déplacés sur les lieux durant la soirée de lundi, la région aurait irrémédiablement sombré dans une violence dont personne ne pourrait prévoir ou prédire l'issue.Tout a commencé lorsque, dans l'après-midi du lundi, aux environs de 17 heures, un citoyen de la commune d'Ahnif, à 40 kilomètres à l'est de Bouira, fut accosté par un gendarme au niveau du barrage fixe situé à la sortie est de la commune d'Ahnif, sur la RN5 et au carrefour avec la bretelle de l'autoroute Est- Ouest. Le jeune homme, âgé d'une trentaine d'années, célibataire, était sur le point de rentrer chez lui en ramenant depuis l'hôpital de M'chédallah son père. Après vérifications des papiers du véhicule, le gendarme en faction signifia au chauffeur que la police d'assurance de son véhicule a expiré et qu'il sera verbalisé. Le chauffeur qui, selon nos informations, connaissait le gendarme, demandera la permission de déposer son père puisqu'il habite juste à quelques dizaines de mètres du barrage. De retour au barrage après avoir déposé son père, le jeune homme se serait chamaillé avec le gendarme et dans un moment d'échanges verbaux, le gendarme aurait asséné un coup à ce jeune homme. Le gendarme aurait même, selon plusieurs versions, menacé le jeune citoyen avec la crosse de son arme, un fusil kalachnikov.
Après cette agression, le jeune en colère ameutera ses amis et reviendra quelques minutes plus tard pour lancer des pierres à l'endroit du barrage et des gendarmes. Le tout en criant des slogans anti-pouvoir, et en réclamant justice face à ces abus. Et ce fut dans ces moments que le gendarme, auteur de l'agression, aurait usé de son arme en tirant trois balles en l'air. Des balles réelles qui ont fait leur effet, puisque les citoyens de la commune ont accouru sur les lieux de plus en plus nombreux, et sur place, ayant appris la cause de ces détonations entendues sur plusieurs kilomètres à la ronde, la colère s'est accentuée et les jeunes qui ont bloqué carrément la RN5 en allumant des pneus et autres troncs d'arbre, ont exigé la délocalisation du barrage de cet endroit qui est, il est vrai, très proche des habitations.
Ici, il faut rappeler que le barrage fixe est un barrage militaire puisque, sur les lieux, il existe une caserne militaire, mais comme la vérification des documents automobiles et tous types de transport, est du ressort de la gendarmerie, des éléments de ce corps sont régulièrement affectés vers les barrages militaires.
Cela étant, pendant ces moments de colère, les esprits s'échauffent de plus en plus. Fort heureusement, les responsables chargés de la sécurité au niveau de la wilaya, ont pris immédiatement les choses en main avec le déplacement, sur les lieux, des premiers responsables, à savoir le commandant du secteur opérationnel de Bouira et le commandant du Groupement de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Bouira. Sur place, et après avoir écouté les protagonistes, les deux responsables ont promis aux citoyens qui étaient chauffés à blanc, de prendre les mesures qui s'imposent contre les responsables de cette bavure, et ont assuré également d'étudier la possibilité de déplacer le barrage loin des habitations. Le calme est revenu, grâce aux responsables aidés par les efforts des sages de la localité, et la voie libérée après avoir été bloquée pendant plus de quatre heures.
Mardi matin, un calme précaire régnait dans cette localité mais les citoyens sont toujours en alerte. Ils attendent les décisions promises la veille.
Y. Y.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)