Bouira - A la une

Un tableau mitigé exposé en session de l'APW



Lors de la troisième session de l'APW de Bouira, laquelle s'est achevée hier, les élus se sont penchés sur l'un des secteurs les plus sensibles de la wilaya, à savoir l'aménagement urbain. Ce dernier connaît certes des progrès notables, mais en dépit des efforts consentis par les autorités locales, il reste, et ce de l'avis même du wali, son talon d'Achille.Ainsi, au cours de la séance de dimanche, la directrice de l'urbanisme et de la construction (DUC) de Bouira a exposé les différents programmes et projets ayant trait à l'amélioration du cadre de vie, à travers l'ensemble de la wilaya. Pour la conférencière, "beaucoup reste à faire" en la matière, même si, selon elle, plusieurs projets ont été menés à leur terme et clôturés. De leur côté, les élus de la commission chargée de l'urbanisme ont été plutôt conciliants dans leur rapport, même s'ils ont noté certaines "carences" enregistrées çà et là.
Ainsi, selon les rapporteurs, les quartiers Krachich, 480-Logements et la cité Dermouche (commune de Lakhdaria) ressemblent à de véritables bidonvilles. Routes cabossées, chaussée défoncée et égouts à ciel ouvert. Dans la commune de Aomar, précisément au quartier de l'ALN, les élus de l'APW ont indiqué que les citoyens ne cessent de crier leur désarroi, face à une situation qu'ils jugent alarmante. Pour les membres de ladite commission, ce quartier nécessite, il est vrai, plus qu'une simple opération d'aménagement, mais une véritable prise en charge. Le même constat a été dressé du côté du chef-lieu de la commune de Kadiria.
Et le parfait exemple de cette détérioration est sans conteste le boulevard principal, l'une des principales avenues de cette municipalité. Cette artère selon les élus est livrée aux immondices et autres déchets en tous genres. Les décharges d'ordures ménagères débordent et les bennes à ordures sont pleines à craquer. Au chef-lieu de wilaya, les exemples de défaillance ne manquent malheureusement pas non plus. Les quartiers d'Ouled Bellil et celui de Aïn Graouèche en sont les parfaits exemples. D'autres communes, à l'instar de Aïn Lahdjer, Aïn Bessam et Sour El-Ghozlane, sont également citées par les élus.
Toutefois, ces derniers ont concédé que le secteur de l'urbanisme est l'un des plus "budgétivores" et qu'il a été énormément impacté par la crise économique que traverse le pays depuis plus de cinq. À titre indicatif, pour le plan quinquennal 2005-2009, une enveloppe budgétaire estimée à 5 484 000 000 DA a été consacrée pour le secteur, avec l'inscription de neuf opérations à travers 37 communes sur les 45 que compte la wilaya. Pour ce qui est du plan quinquennal centralisé 2010-2013, un budget de 2 800 000 000 DA a été dégagé pour prendre en charge le cadre de vie des citoyens dans 20 communes.
Et pour le plan quinquennal 2014-2018, près de 6 milliards de dinars ont été alloués à ce secteur. Une simple opération d'adaptation nous donne une cagnotte de plus de 16 milliards de dinars qui a été consacrée à l'amélioration urbaine à l'échelle locale. Une question se pose d'elle-même : comment avec 15 milliards de dinars "engloutis", ce segment peut-il rester à la traîne ' Selon les conclusions d'un rapport de wilaya qui a été exposé, il semble que la faute soit collective. Ainsi, il est indiqué que les différentes directions (SDC, DEM, DRE, ADE) ne travaillent pas en coordination et qu'il y a un certain "cafouillage" entre elles.
Aussi, les membres de cette commission ont relevé "un manque de suivi flagrant" de la part des services chargés de ce volet, et aussi le fait que les études des projets présentent dans la plupart des cas des "incohérences" sur le terrain. Autre point noté par les auteurs de ce rapport, celui mettant en exergue "l'incompétence" des entreprises chargées de la réalisation des projets d'aménagement urbain. Ce qui conduit irrémédiablement, selon eux, à l'infructuosité des travaux.
Sur le plan des recommandations, cette commission a préconisé notamment "la non-réception des projets sans l'aval de l'APC ; procéder à des études géotechniques afin de se prémunir contre les affaissements de terrain ; donner la priorité aux quartiers les plus délabrés ; renforcer le réseau d'éclairage public ; choisir des bureaux d'études compétents et des entreprises qualifiées". En tout état de cause, beaucoup reste à faire en la matière, et les différents acteurs de l'aménagement du territoire doivent faire preuve de cohésion et de concertation.

RAMDANE BOURAHLA
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