Un ratissage au cœur de la dangerosité
Le ratissage lancé il y a une dizaine de jours dans la région de Draâ El-Mizan avant de s’étendre à d’autres régions de la wilaya de Tizi-Ouzou est en fait une véritable bataille que les forces de sécurité sont en train de mener dans cette région de la Kabylie.
Tous ceux qui sont attentifs à l’évolution de la situation sécuritaire dans cette partie du territoire nationale savent qu’il ne s’agit pas de la première offensive du genre dans la même région. La forêt de Boumhenni qui en constitue le centre et qui commence à une douzaine de kilomètres de la ville de Draâ El-Mizan est relayée par une interminable suite de maquis inextricables qui font que toute opération militaire, quelle que soit son ampleur et les moyens mis en action, n’a que très peu de chance de parvenir à la contrôler de manière efficace. Après le GIA qui, à son époque, en avait fait une citadelle inexpugnable, le GSPC qui en est issu et qui, en fait, n’est qu’un changement de nom et de méthodologie pour tenter de parvenir aux mêmes objectifs, en a fait autant. Et pour se prémunir de toute offensive des ratissages répétés dans la région, surtout du temps où il avait comme «conseiller militaire» et artificier en chef l’ancien parachutiste Abdelaziz Abi dit Okacha El-Para (radié de l’ANP en 1989), il s’est évertué à truffer la moindre parcelle de terrain d’explosifs de tout genre. Cette stratégie, «héritée» de l’époque a été scrupuleusement maintenue. L’on se souvient d’un des plus importants ratissages dans la même forêt à partir du début de la deuxième quinzaine de février 2002 en prolongement d’une opération similaire qui a eu lieu plus au nord (Sidi Ali Bounab), un mois après, le GSPC a fait placarder des tracts, dans la nuit de mardi à mercredi 20 mars dans toute la région, «informant» la population de ne pas s’aventurer dans la forêt qu’il allait entièrement miner dans la région de Draâ El-Mizan, Draâ Sachem, Aït Yahia Moussa, Yallalen, Tazrout... Il est certain que l’organisation criminelle n’informait pas systématiquement sur toutes ses intentions la population pour savoir si elle a truffé d’explosifs d’autres zones. Et ce qui est certain également, c’est qu’il ne s’agissait pas d’une blague. La preuve en est dans les innocents bergers qui ne pouvaient le savoir et qui ont laissé leurs vies et des parties de leurs corps dans de graves blessures à la suite d’explosions dans la région. C’est dire l’extrême difficulté de nettoyer un pareil maquis et le prix à payer en vies humaines par les forces républicaines engagées dans les ratissages. L’opération actuelle, en cours depuis une dizaine de jours, menée à travers un dispositif conséquent, s’annonce très rude au vu du nombre de militaires blessés par les explosifs dont le terrain est semé, selon ce que la presse nationale a rapporté et que le GSPC confirme dans un communiqué daté du samedi 26 août dernier. Il révèle en même temps qu’un groupe de la katibat El-Forqane (habituellement basée surtout dans le Nord-ouest de la wilaya de Bouira, NDLR) est positionné dans la région de Boumhenni. Sachant qu’il a l’avantage du terrain, il ne cache pas qu’il pourrait s’en sortir sans trop de casse de cette offensive, promettant même des surprises, en comptant sur la nature inextricable et impénétrable du terrain. Selon son mot: «celui qui connaît la réalité de la morphologie du relief en Algérie (tadharis ‘âla ardh el-jazaïr), saura que «parler de l’encerclement des montagnes de Kabylie, de Jijel ou Skikda est pure fantaisie (mahdh haraê wa tahrij)». Cependant, ce que semble oublier le GSPC, c’est que nombre de chefs terroristes, qui ont fait de Boumhenni leur refuge, ont fini par être neutralisés. Ce fut au moins le cas de Ahmed Baïche en 1995 et Abdelkrim Hadj Ali en 2002. Et la suite viendra, sans aucun doute.
Mohamed Issami
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com