
Le mot d'ordre et l'appel à une grève générale des commerçants ont été partiellement suivis à Bouira.L'adhésion au mouvement de protestation diffère d'un lieu à un autre et selon les activités. Les commerçants qui, majoritairement, s'alimentent depuis les marchés de gros d'El Hamiz, de Tadjenant ou encore d'El Eulma, c'est-à-dire qui travaillent sans factures ont baissé leurs rideaux. C'est le cas précisément des divers bazars de la ville chef-lieu de wilaya. Les vendeurs d'habillement, de maroquinerie ont adhéré et répondu favorablement au mot d'ordre. Les magasins d'alimentation tels que constatés sur l'axe principal, ainsi que les cafés situés à proximité de ces centres commerciaux ont suivi aussi, paralysant complètement l'activité dans ces espaces. La situation la plus illustrative est celle du grand boulevard qui relie le pont Sayah à la nouvelle ville en passant par le siège de la wilaya. Dans les autres quartiers, l'ensemble des commerçants ont ouvert. A la périphérie de l'université Akli-Mohand Oulhadj l'activité était intense surtout que les étudiants ont repris les cours. Les kiosques, les cafétérias, les locaux de restauration rapide étaient combles. Dans les marchés de fruits et légumes le suivi était aussi partiel et les commerçants ambulants ont saisi l'occasion pour occuper les trottoirs en cette journée exceptionnelle. Au sujet de ce mouvement, les avis aussi diffèrent. Pour un citoyen rencontré à proximité du marché des 1100 «cette grève est inutile. Les commerçants qui aujourd'hui se plaignent des taxes sont ceux qui ont revu à la hausse leurs prix bien avant la promulgation de la loi de finances 2017. L'unique perdant est le consommateur victime; c'est nous», nous confie notre interlocuteur. Pour un commerçant qui a ouvert et qui conteste l'organisme qui est derrière cet appel «tout le monde se dit prêt à consentir un effort national en cette période de crise. Moi je suis à jour avec les impôts et la Casnos. Cette association qui est derrière l'appel à la grève a toujours nié nos doléances. La loi de finances a été promulguée. Toute journée de fermeture est une perte sèche et une autre sanction du consommateur», commente ce vendeur de produits d'alimentation générale. Pour Hacène gréviste l'avis est tout autre. «Au lieu de fermer il aurait été peut-être plus important de manifester devant cette tente gigantesque posée à proximité du stade olympique dans le cadre de la foire. Chaque année cette foire vient en concurrent déloyal diminuer notre chiffre d'affaires. Des marchands de l'informel louent des espaces et vendent à bas prix.» Lors de notre passage dans cet espace commercial il y avait grand-monde. C'est le cas aussi au supermarché de la ville où tout le monde s'est rendu en cette journée ensoleillée faire les emplettes. S'agissant des autres localités de la wilaya, les échos faisaient part d'un suivi très mitigé à travers l'ensemble des grandes agglomérations de la wilaya. Unanimement les gens pensent que cette action est surtout adoptée par les commerçants qui ont toujours privilégié l'informel; les fausses déclarations. «Moi fonctionnaire je paye plus d'impôt et de taxes que ces commerçants qui à longueur d'année nous sucent notre sueur et notre sang. La crise qui menace le pays doit être supporté par tous et toutes», a conclut notre commerçant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com