Acteurs d'hier, témoins d'aujourd'hui. Ils avaient marqué l'histoire algérienne avec des lettres d'or. Après plus de sept ans de combats héroïques, ils avaient fait fléchir le colonialisme français qui avait le soutien de l'Otan. Ces différentes étapes de la Révolution appartiennent à la nation algérienne. C'est de son droit de connaître son histoire. Dans cette optique, une Fondation de la Wilaya III historique est née. C'est hier qu'a été inauguré son siège à Bouira.
Le bureau de la fondation est composé de 11 membres, à leur tête Ben El-Hadj Mohand Ouameur (président), Bouguermouh Lounès (vice-président) et Ameur Mohand- Salah (trésorier). Pour le président de cette fondation, l'objectif de cette initiative est l'écriture de l'histoire, en 'uvrant à 'recueillir tous les témoignages pour être le plus proche possible de la vérité". Et d'ajouter : 'L'écriture de l'histoire n'est pas une science exacte. Un même événement peut être vu sous différents angles. Ce qui est condamnable est quand l'individu essaie de faire valoir sa propre personne."
Parlant des archives que détient la France, Boughermouh avertit : 'Il ne faut pas se leurrer. Vous ne trouverez jamais dans les archives les massacres de populations civiles exécutés par l'armée française." Mais, ajoute-t-il, 'nous sommes prêts, de notre côté, à dire toutes les vérités. Le rôle de la fondation est l'écriture de l'histoire. Elle rapportera les faits tels qu'ils se sont déroulés. Il peut y avoir
des oublis. L'essentiel est la bonne volonté de transmettre à la génération future la bonne version de l'histoire".
Parlant de soutiens apportés éventuellement par l'Etat à la fondation, il affirme que seul le wali de Bouira y a contribué avec la mise à sa disposition d'un siège. Boughermouh Lounès, vice-président, avait rejoint le maquis en 1956 alors qu'il n'avait que 16 ans. Il avait assuré les fonctions de secrétaire de la Région II (Bouira et une partie de M'sila) puis secrétaire de la Zone II (dans l'ex-Petite-Kabylie), de 1958 à 1962. Il a mis en exergue, hier, l'organisation administrative et hiérarchique de la Wilaya III qui a été citée comme référence au Congrès de la Soummam.
'Nous avions une organisation digne d'une armé régulière. Un chef politico-militaire avec des adjoints (militaire, politique, renseignement et liaisons). Des rapports financiers mensuels étaient établis et envoyés à la hiérarchie. Des rapports périodiques sur l'état d'esprit des troupes, de la population et des adhésions à l'ALN sont transmis chaque mois à la hiérarchie. D'ailleurs, je vous renvoie aux documents du Congrès de la Soummam où tout est mentionné : l'effectif, l'armement, etc. La Wilaya III était un modèle dans l'organisation", a encore souligné Lounès Bouguermouh. Pour lui, 'c'est grâce à sa bonne organisation que la Wilaya III avait pu tenir bon malgré la répression farouche de l'armée française". D'ailleurs, la presse française avait surnommé la Soummam 'la vallée pourrie". Enfin, la Fondation de la Wilaya III contribuera à une écriture de l'histoire qui fera la lumière sur beaucoup de zones d'ombre en toute objectivité, promettent ses membres.
A. D
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Debbache
Source : www.liberte-algerie.com