Bouira

Quand les autorités tentent de récupérer Yennayer



Quand les autorités tentent de récupérer Yennayer
Les autorités semblent vouloir à tout prix "se racheter une conscience" après avoir éludé, voire négligé, des années durant, la célébration de Yennayer. Qualifié de fête "païenne" dans un passé encore récent par ces mêmes autorités, aujourd'hui, il est célébré avec faste et avec un certain folklore qui ne lui sied guère. Hier, la salle de la maison de la culture Ali-Zamoum de Bouira, a abrité une conférence axée sur la civilisation amazighe et sa corrélation avec l'islam. Un évènement qui s'assimile à une tentative de récupération de cette fête millénaire en lui imposant un cachet religieux, qu'elle revêt déjà depuis des siècles. Pour l'occasion, des imams, des cheikhs de zaouïa et autres marabouts ont été conviés afin de disserter sur la question, une célébration chapeautée par le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs, le Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA) et le Haut Conseil de la langue arabe (HCLA). Le président de cette institution, le professeur Belaïd Salah, s'est même égaré dans certains clichés et reprenant une citation d'Ibn Khaldoun (sortie de son contexte), en indiquant que les Berbères sont connus pour être un peuple "de tête rasée, mangeurs de couscous et vêtus de burnous", c'est dire... Pour le représentant du HCA, la fête de Yennayer "doit sortir du giron folklorique afin d'être une fête nationale à part entière". Une déclaration qui sonne faux, car le HCA prend part à des événements qui font de Yennayer une fête folklorique.Le même intervenant soulignera que plusieurs représentations musicales, conférences, expositions et un petit salon du livre sont au programme de ces célébrations pour cette année. S'agissant de la conférence proprement dite, elle a été axée sur l'empreinte et le rôle de l'islam dans la culture amazighe. Ainsi, on apprendra que si les Berbères avaient adopté certains dieux des Romains, ces derniers, habitués à la multiplicité des rites par le cosmopolitisme croissant au sein de leur empire, ne se formalisaient pas pour enrichir leur panthéon avec des dieux berbères et que ces derniers ont très vite "adopté" le culte musulman sans la moindre animosité. Par ailleurs, il y a lieu de souligner que cheikh Mohamed-Tahar Aït Aldjet, agé de 105 ans, ainsi que l'ex-ministre des Affaires religieuses (gouvernement de Hamrouche 1989-1991) et professeur en ophtalmologie, le docteur Saïd Chibane, et Mohamed Salah Seddik ont été honorés par les autorités locales.RAMDANE B.
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