
La violence contre les femmes un phénomène qui porte atteinte aux libertés individuellesLa délinquance et la criminalité prennent de l'ampleur.Le phénomène qui, depuis quelques années, était ancré dans les grandes agglomérations s'est étalé pour atteindre les villages et les petits bourgs. La semaine dernière, un véhicule de type Logan a été subtilisé dans la commune de Ahl El Ksar. En fin de semaine, des brigades de la police judiciaire ont lancé des opérations «commandos» dans plusieurs quartiers de Bouira. La cité des 1100 Logements, et plus particulièrement les tours Nord qui ont le triste surnom de «Medellin» la ville chère à Pablo Escobar, l'ex-baron international de la cocaïne, a été passée au peigne fin. Plus de 30 personnes avaient été embarquées. Dans cette lutte sans merci contre le fléau, la brigade de recherche et d'investigation (BRI) auprès de la sûreté de Bouira a arrêté deux individus à bord d'un véhicule lors d'un contrôle inopiné. Après la fouille du véhicule, les policiers retrouvent une plaquette de psychotropes de type «Parkinan 5 g», cachée sous le siège du conducteur B.A.Y. Après enquête des éléments de la brigade, il en ressortira que l'interpellé avait acheté deux jours auparavant les comprimés auprès du nommé K.F, résidant à Ras Bouira pour la somme de 3000 DA pour consommation.L'ordre de perquisition délivré par le procureur de la République au domicile du second prévenu permettra de saisir deux plaquettes comprenant 19 comprimés, 2200 DA. Il apparaîtra après vérification que les deux coupures de 1000 DA étaient des fausses. Présenté devant le représentant du parquet, le 2 octobre dernier, les deux prévenus ont été admis en détention provisoire.A la faveur d'une décennie noire qui a instauré un «non-Etat», des bandes ont proliféré et la criminalité sous ses multiples facettes s'est propagée telle une traînée de poudre. La drogue, les vols, les agressions, l'escroquerie sont autant de fléaux qui pourrissent la vie des paisibles Algériens et Algériennes. L'érosion scolaire, le manque d'opportunité au travail, la proximité et l'exiguïté des habitations, les conflits au sein de la famille ont sensiblement avantagé l'émergence et le recours à la violence. Pour un oui, pour un non des jeunes structurés en bandes recourent aux armes blanches, à des scènes de violence dignes des films d'horreur.La disponibilité des stupéfiants qui parviennent de chez le voisin d'à côté, la démission parentale, la dévalorisation du rôle de l'école, la politisation du discours religieux, la primauté de l'individualisme et la course à la richesse, les erreurs et la mauvaise urbanisation de nos villes... sont quelques paramètres qui ont favorisé le phénomène de la violence au sein de la société. Les quartiers et regroupements «dortoirs» réalisés sans aucune vision d'avenir sont aujourd'hui les fiefs de tous les maux sociaux. Avec l'avènement du parti dissous, les prêcheurs et autres prédicateurs trouvèrent des échos favorables à leurs appels au crime et à la rébellion contre l'Etat, dans ces cités dortoirs.Aujourd'hui ces mêmes cités représentent une réelle bombe à retardement si la situation n'est pas reprise en main dans l'avenir proche. Comme il est précisé plus haut, la gravité reste le fait que cette violence gagne des terrains jusque-là épargnés grâce à la préservation des us et coutumes.Les plaintes émanent de villages comme Ahl El Ksar, Chorfa, Mesdour, Haizer, Ath Laâziz...la liste est grande. Ces exemples montrent que le fléau n'a épargné aucune région. La consommation des stupéfiants, leur vente, leur culture quelquefois n'est plus un fait tabou. C'est pour certains même un geste rebelle et défiant de l'autorité.La vente de l'alcool sans autorisation, la prostitution sur la voie publique, l'exhibition des armes blanches, l'émergence d'une terminologie dialectale sans aucune relation avec l'éducation, la pollution sonore causée par ces textes de «raï cabaret»... sont hélas une réalité quotidienne dans les villages de la wilaya. C'est cette violence qui a eu raison de la vie d'un footballeur à Tizi Ouzou. Cette même violence a atteint son paroxysme à Haïzer quand un étudiant a décapité sa belle-soeur. En décidant de donner un grand coup de pied dans la fourmilière, la Sûreté nationale et la Gendarmerie ont compris que la prévention, le raisonnement et l'accompagnement ne suffisent plus.Les conditions de détention des condamnés avantagent les allers et retours entre dehors et la prison. Le coup de gueule des habitants d'Ahl El Ksar est justifié. «L'Etat se soucie plus de ces délinquants que des autres citoyens plus honnêtes. Ces criminels, il faut les envoyer récolter l'alfa dans le Sud au lieu de les engraisser dans les centres pénitentiaires qui ressemblent à des centres de vacances où ils mangent, boivent, se soignent, font du sport» fulmine un citoyen, victime d'un vol de son domicile.L'Algérien qui n'a plus l'opportunité d'aller voir un match de football sans mettre sa vie en péril, qui n'a plus la possibilité d'aller promener sa petite famille en ville sans prendre le risque d'entendre des «vertes et des pas mûres», de sortir avec ses enfants dans la campagne périphérique de la ville sans rencontrer des voyous traînant des chiens d'attaque qui feraient peur à un robuste adulte... veut des mesures radicales à un phénomène qui porte atteinte aux libertés individuelles, celles des honnêtes citoyens et non celles des voyous. Parce que l'adolescent est fragile, parce que les parents honnêtes se débattent dans les soucis du quotidien et ne sont plus un modèle à suivre, le jeune regarde ailleurs. C'est le dealer, richement habillé, roulant en grosse cylindrée, exprimant ostentatoirement sa richesse qui devient un exemple à suivre. En pleine croissance et en pleine puberté, l'adolescent qui a tendance à rejeter toute forme d'obligation, se «révolte» à sa façon et recourt à la violence pour marquer son territoire. La descente aux enfers est alors rapide.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com