Ainsi en ont voulu les décideurs : la population, qui a cru un moment que son cri, c'est-à-dire celui du peuple en entier à travers les quatre coins du pays, était entendu, s'est spontanément soulevée dimanche dans la soirée, aussitôt après l'annonce du dépôt officiel de la candidature du Président sortant, Abdelaziz Bouteflika.Les citoyens, qui ont marché pendant une majeure partie de la nuit dimanche, tant à Bouira que dans d'autres chefs-lieux de daïra, à l'instar de Aïn Bessem et M'chédallah, ont été relayés hier pendant la matinée par les étudiants qui sont sortis pour la deuxième journée consécutive, mais, cette fois-ci, par milliers, pour dire aux dirigeants et ceux qui décident à contre-courant de la volonté populaire, qu'ils n'en veulent plus, non seulement d'un 5e mandat, un mandat de trop, mais pour crier haut et fort : «Système dégage !»
Il faut rappeler ici que la marche nocturne d'avant-hier a drainé des milliers de citoyens de tous âges, tellement le choc reçu par les citoyens à travers les écrans des télévisions publiques et parapubliques, était fort, trop fort. Et quand on se rappelle l'autre blague de l'énigmatique Rachid Nekkaz, ajouté à ce scénario du Président-candidat qui a totalement ignoré le cri de ces millions de citoyens en s'en tenant à sa seule logique avec une feuille de route que l'on connaît ; avec tous ces chocs conjugués, il y avait de quoi sortir dans les rues et crier comme un fou pour exprimer sa rage et son sentiment d'être vraiment le dindon de la farce.
Et ce fut un sentiment partagé par tous ceux que nous avions rencontrés en cette soirée d'avant-hier dans les rues de Bouira ; des gens qui se désolaient de ce que le pouvoir, les décideurs de leur cher pays, les prennent pour des? «débiles mentaux» pour paraphraser un jeune étudiant, autrement beaucoup plus éveillé et conscient de ce qui se passe dans le pays, que la majorité de ces militants des partis majoritaires qui ont fini, à cause de leur inertie, par perdre le sens de l'analyse et du discernement.
Et heureusement, parmi ceux-là, il y en a des exceptions qui ont commencé à se faire connaître dès la première marche du 22 février dernier en se démarquant, même s'ils étaient du FLN ou du RND, de la position de leurs directions nationales, et en rejoignant le peuple pour rejeter ensemble le 5e mandat ; «un mandat de la honte», comme le qualifient désormais les millions de marcheurs.
Cela étant, hier encore, les milliers d'étudiants, qui sont sortis dans les rues de la ville de Bouira, ont longuement scandé des mots d'ordre hostiles au pouvoir en insistant cette fois-ci sur le slogan «Système dégage !» Une manière pour eux de dire que la revendication du retrait du Président-candidat est dépassée.
La marche s'est déroulée dans un calme total et avant de se disperser, les étudiants ont promis de revenir à la rue, autant de jours qu'il faudra, jusqu'à ce que le pouvoir cède et réponde aux aspirations du peuple : c'est-à-dire le départ de tous ceux qui incarnent le système actuel, responsables et partis compris.
Y. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Yahiaoui
Source : www.lesoirdalgerie.com