Depuis le début du mois de Ramadhan et à la faveur de l'été et du beau temps, plusieurs nomades se sont installés autour de la ville dans des tentes.Le fait n'a rien d'exceptionnel sauf que cette transhumance due en partie à la profession de ces résidents temporaires, éleveurs à la recherche de nourriture pour leur cheptel, a des incidences sur la vie citadine. Ils sont des centaines d'enfants à arpenter les artères de la ville pour mendier. Se déplaçant en groupes, ces jeunes, mal habillés, s'accrochent aux dames pour leur soutirer quelques sous. Les jeunes filles de leur côté choisissent les lieux les plus denses comme les centres commerciaux pour tenter d'amadouer les clients.
La pauvreté n'est pas une fatalité. La cherté de la vie, l'individualisme, le gain facile... sont autant de facteurs qui ont élargi les écarts entre les citoyens.
Le fait saillant reste que devant quelques tentes de ces nomades garent des véhicules que tout fonctionnaire honnête ne peut acquérir après toute une carrière. Les enfants sont utilisés à des fins mercantiles. Les parents, des commerçants qui roulent sur des liasses, les envoient dans la rue pour faire valoir leur innocence.
Les habits en loque, la saleté sont des armes pour toucher la sensibilité des mères et des pères qui n'hésitent pas à mettre la main à la poche quand ces derniers pleurnichent et supplient les passants de leur donner de «quoi acheter un sachet de lait ou un pain». Quand l'offrande est en nature, ces mendiants expriment un niet catégorique. «Ils refusent le pain. Quand ils le prennent ils le revendent quelques pas plus loin» nous confiera Mourad un boulanger de la ville. La situation est identique à Aïn Bessem, Sour El Ghozlane, Lakhdaria ou M'chedallah. Organisés, ces mendiants se déplacent d'une ville à une autre lors des marchés hebdomadaires.
Décidés et téméraires, ils pénètrent dans l'enceinte des mosquées lors de chaque prière du vendredi malgré l'interdiction affichée par les imams. «Donner dans la discrétion quelques sous à un pauvre reste un acte de bienfaisance. Ces hordes nous découragent et les vrais pauvres sont les victimes parce que ceux-là ne s'exhibent pas préférant rester dignes» nous dira Abdelmalek un bienfaiteur de Bouira. Et l'administration devant tout cela. Comme à l'accoutumée elle laisse faire et demeure les bras croisés. En abandonnant la rue à ces mineurs, l'autorité encourage indirectement ce phénomène qui prend d'alarmantes proportions. Même chez eux les citoyens sont perturbés par ces mendiants qui n'hésitent pas à frapper aux portes pour demander de l'argent, des habits. «Ces enfants font quelquefois leurs besoins naturels dans les cages d'escaliers. Ils nous causent de graves torts» nous confiera un président d'un quartier de la ville de Aïn Bessem. A M'chedallah, un citoyen nous affirmera que ces mendiants s'initient à tamazight en apprenant quelques mots en relation avec leur fonction. «Ils quémandent en kabyle pour arriver à leurs fins» nous dira Yazid un natif de Raffour.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com