Bouira - A la une

Pour des raisons socio-économiques ou par amour du métier Ils travaillent jusqu'à leur «dernier souffle»



Pour des raisons socio-économiques ou par amour du métier Ils travaillent jusqu'à leur «dernier souffle»
Constat - Ils ont dépassé l'âge légal de la retraite, mais ils continuent de travailler. Ces citoyens mènent une vie sans répit pour des raisons ou pour d'autres.
Certains y sont contraints, car la maigre pension qu'ils perçoivent ne leur permet même pas de satisfaire les besoins les plus élémentaires de la vie quotidienne. D'autres, n'étant pas réellement dans la nécessité, considèrent le travail comme l'unique moyen d'échapper à la morosité galopante marquant la vie des retraités, qui ne trouvent, en effet, que les cafés maures ou les jardins publics pour passer le temps. Il y a également une autre partie de ces «vétérans» qui sont motivés par la seule passion qu'ils éprouvent pour un métier dans lequel ils ont passé la moitié de leur vie.
Et ce n'est pas le repos qui leur déplaît mais ils se trouvent mieux en poursuivant leur activité. Et la liste des métiers touchés par ce phénomène ne se limite pas au travail intellectuel, mais concerne aussi des métiers manuels qui exigent une force physique en sus du savoir-faire.
A chacun ses raisons, mais le constat demeure le même : des personnes qui devaient jouir après une longue vie de labeur, du repos et de la détente, courent toujours derrière leur gagne-pain. «Le repos nécessite aussi de bonnes conditions alors que de nos jours, un retraité est toujours livré à lui-même. Il n'y a même pas d'espaces où il peut savourer sa retraite, alors il veut travailler jusqu'à son dernier souffle», affirme Aâmi Tahar, septuagénaire, comptable dans une entreprise privée à Bouira. «Honnêtement, je ne suis pas dans le besoin et même mes enfants ont réussi dans leurs études et leur carrière professionnelle.
Moi, qui ai passé plus de trente ans comme comptable dans une grande entreprise publique, je me sens incapable de me séparer de cette profession», avoue notre interlocuteur, dont la perspicacité n'a nullement été entamée par le poids des années. Pour son ami, Aâmi Mokrane, chauffeur de taxi : «La retraite n'a pas de sens chez nous et il vaut mieux bosser jusqu'à la fin.»
Ce dernier continue de sillonner les différentes régions du territoire national et il affirme trouver un énorme plaisir en exerçant son métier.
«Le volant et la route sont ma passion. Il m'est impossible de rester inactif ou d'exercer un autre métier, car je fais chaque jours de nouvelles connaissances et surtout de nouvelles découvertes. Il est vrai que j'ai réduit le volume du travail, mais je ne cesserai pas jusqu'à mon dernier souffle», souligne ce septuagénaire.
Toutefois, d'autres personnes âgées sont privées de repos et sont obligées de bosser pour faire face à un coût de la vie de plus en plus élevé. Il s'agit, notamment, des ex-simples employés dont la pension mensuelle ne dépasse pas les 18 000 DA.
Transporteur clandestin de voyageurs, agent de sécurité dans des petites entreprises privées, peintres, vendeurs dans les marchés publics, etc. Ce qui intéresse ces derniers, c'est de gagner de petites sommes d'argent pour leur permettre de joindre les deux bouts. Par simple plaisir ou par nécessité, le travail des retraités constitue un phénomène qui ne cesse de s'incruster dans la société algérienne.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)