La production de la saison précédente 2020-21 a atteint 186 010 q d'olives. Cette année, elle est estimée à 227 272 q à travers la wilaya. Mais un quintal d'olives ne va pas donner plus de 11 l, contre 15,6 l la saison précédente.Depuis la fin du mois de novembre, la récolte des olives bat son plein dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. Même si la surface des vergers a augmenté de 4,7% (de 26 330,5 ha en 2020-21 à 27 456,5 ha pour la saison 2021-22) et le nombre d'arbres de 2,72% d'augmentation (2 534 876 arbres en 2021-22 contre 2 467 580 en 2020-21). Mais cette saison 2021-22 s'annonce comme particulièrement mauvaise. Les prévisions tablent sur une récolte moins importante que l'an dernier. Lors de la saison 2020-21, la production fut inférieure à celle d'une année moyenne mais supérieure à celle de la saison 2021-22. Mais le balancier s'est inversé cette année : les professionnels du secteur ne s'attendent à obtenir que 2300 t d'huile d'olive contre 2673 t, soit 16,21% de moins que la saison précédente. "Les rendements sont beaucoup moins inférieurs que la saison dernière : l'an dernier, le quintal a produit en moyenne 15,6 litres, mais cette saison il ne va pas dépasser les 11 litres au quintal", explique Dr Mokhtar Guissous, chercheur dans les huiles et dégustateur international. Les quelques huileries qui ont ouvert leurs portes nous renseignent en effet parfaitement que la saison a été compromise.
Dans les régions nord de la wilaya, la récolte des olives est un moment social important dans l'année, où de nombreuses familles possèdent chacune quelques arbres. Et leurs membres se rassemblent durant les vacances scolaires d'hiver pour faire la récolte. Aussi artisanal que soit le secteur, dans cette région de la wilaya, la récolte est aussi un moment important sur le plan économique et social. La grande surface des terres agricoles de la région est consacrée aux olives, et cette production peut représenter l'essentiel du produit intérieur brut. Mais tout le monde s'accorde à dire que la campagne 2021 de la cueillette des olives, qui a démarré la semaine dernière, sera indiscutablement, de l'avis même des oléiculteurs, des plus décevantes.
Et pour cause, les oliviers sont presque à nu, compte tenu des quantités imperceptibles du fruit ornant leurs branches. "Cette baisse de production d'huile d'olive pour la compagne 2021-22, malgré l'augmentation de la récolte d'olive, revient principalement aux températures très élevées de l'été dernier qui coïncident avec la lipogenèse (période de synthèse de l'huile dans les feuilles)", explique le scientifique, qui ajoute que c'est le cas dominant dans les régions arides et semi-arides. "À cela s'ajoute la négligence dont font l'objet les oliviers. Rares sont les oliviers qui sont plantés ou greffés et suivis. Cela met en péril tout ce patrimoine", regrette-t-il. La production de la saison précédente 2020-21 a atteint 186 010 q d'olives ; cette année elle est estimée à 227 272 q à travers la wilaya. Mais un quintal d'olive ne va pas donner plus de 11 l, contre 15,6 l la saison précédente. Plus de 90% de cette récolte sont pressés, et ce sont ainsi environ 2 300 tonnes d'huile d'olive qui seront produites cette saison, selon les chiffres du chercheur, publiés dans une revue scientifique internationale. En raison de sa nature artisanale, l'huile d'olive bordjienne est plus onéreuse que ses concurrentes de Bouira ou Béjaïa.
Les producteurs tentent ainsi de toucher un marché de niche dans les autres wilayas où résident des gens originaires de ces montagnes de Kabylie et jusque dans certains pays d'Europe. Un commerce de bouche à oreille, en dehors du circuit formel, de petites quantités transportées à main. Au sud de la wilaya, et dans les nouveaux vergers, les oliviers, irrigués, ont un meilleur rendement que les arbres de la région du Nord qui ne reçoivent que l'eau de pluie. Même si la wilaya de Bordj Bou-Arréridj est la quatrième productrice d'huile d'olive après Béjaïa, Bouira et Tizi Ouzou, elle reste toujours en baisse vu ses potentialités. "Pour échapper à ce genre de problème, il est essentiel de bien sélectionner et de distinguer entre les variétés précoces et tardives", tient à conseiller l'expert, qui appelle à l'occasion à préserver et à améliorer cet or vert.
Chabane BOUARISSA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chabane BOUARISSA
Source : www.liberte-algerie.com