
La situation qui pèse lourdement sur toutes les parties doit être dénouée dans l'immédiat.La grève qui sévit dans les rangs de l'Education nationale ne profite à aucune partie en conflit. Au-delà des chiffres minimisés par la tutelle et quelquefois gonflés par les syndicalistes, la crise nuira à ne pas en douter aux apprenants, hélas, mis entre le marteau et l'enclume. La wilaya de Bouira est sensiblement concernée par ce débrayage qui entame sa quatrième semaine.Le Conseil national autonome des personnels des trois paliers de l'éducation, ne semble pas convaincu par les positions de la tutelle accusée de gagner du temps. Les quelques enseignants non grévistes dans les établissements acquis à la cause du syndicat ont organisé les compositions du second trimestre, suite à une pression des directions de ces institutions et de la direction de l'éducation.«Les compositions qui restent une étape dans l'apprentissage, dite phase d'évaluation sommative, ne se sont pas déroulées dans les conditions nécessaires pouvant permettre à l'enfant d'examiner en possession de tous ses moyens. Faits à la va-vite, quelquesfois sans aviser l'enfant, ces examens restent une simple formalité, visant à tromper l'opinion publique et plus particulièrement les parents d'élève», considère un enseignant gréviste du lycée Seddik-Benyahia à Bouira.Le syndicat qui persiste dans sa position en faisant appel à l'intervention de hautes instances du pays n'est pas totalement sur la bonne voie. Certes, les revendications sont légitimes, le recours à la grève est un droit constitutionnel, mais le débrayage illimité sanctionne plus les apprenants que la tutelle et ses relais au niveau local.Le point essentiel de discorde qu'est la promotion automatique, refusée par le ministère, au motif qu'elle est contraire aux textes législatifs de la Fonction publique, est appliquée sans condition, dans d'autres secteurs, comme l'enseignement supérieur. En l'état actuel des choses, l'effet rétroactif sera bénéfique à ceux promus, avant 2012, après une formation, dont tout le monde connaît les conditions de déroulement. Cette catégorie de personnel reste celle qui n'a pas adhéré au débrayage, sans être affiliée à un quelconque syndicat.La promotion à la catégorie formateur d'enseignant non détenteur du bac, ni d'un quelconque niveau ou diplôme est une grave dérive que la ministre Mme Benghebrit doit redresser. Certains ont été promus sur des postes de formateurs en sciences naturelles, en français, alors qu'ils ont été recrutés sur le tas, sur d'autres matières ou comme simple moniteur d'éducation physique. «Voilà les vraies raisons pour rouvrir le dossier du statut particulier», nous confiera notre interlocuteur.Parce que tout le monde s'est allié contre l'enseignant, le syndicat doit revoir sa copie et gagner la confiance des parents et des élèves, commentera un autre enseignant non syndiqué.La situation qui pèse lourdement sur toutes les parties, doit être dénouée dans l'immédiat à moins que les enjeux des oeuvres sociales restent aux yeux de ces parties, plus primordiales que l'avenir des enfants. Pourquoi la ministre ne prend les devants en suspendant cette histoire de promotion, faire un pas en arrière et rétablir l'ordre, en rendant aux plus méritants leurs droits'La coalition des sept syndicats, l'Ugta, le Cnapeste ont intégré dans leurs revendications la nécessité de corriger les errements du statut particulier. La ministre, animée d'une bonne volonté, mais elle-même victime des lobbies du ministère de l'Education nationale élargis aux directions de wilaya, peut temporairement geler l'opération, mettre en place des commissions élargies aux représentants des différentes catégories de personnels du secteur, et finir par des assises pour enfin rendre à César ce qui appartient à César.«La révision du statut particulier a bénéficié à certains, mais a laissé sur le carreau la majorité des personnels. Pour aller vers une Ecole algérienne pourvue de son vrai rôle, il est temps de privilégier le pédagogique sur l'administratif.Le ministère, les syndicats, les parents doivent unir leurs efforts pour une meilleure école» nous a confié un membre d'une association des parents d'élèves.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com