Bouira

Les ménages désemparés



Les ménages désemparés
Les prix de fruits et légumes sont de nouveau en hausse, ceux des vêtements sont inaccessibles. A la veille de la fête de l'Aïd El Fitr, qui sera suivie par la rentrée scolaire, les ménages algériens sont plus que jamais désemparés.
C'est une saignée jusqu'à l'os. Aux dépenses plus au moins nécessaires mais souvent exagérées du mois de Ramadan s'ajoutent celles des effets vestimentaires pour les chérubins, des gâteaux, du repas de l'Aïd et de la rentrée scolaires. Dans la wilaya de Bouira, à l'instar du reste du pays, le mois de Ramadan est synonyme de dépenses tous azimuts, c'est la période où le commun des mortels devient un simple tube digestif qui ne pense qu'à s'alimenter. Bouira connaît depuis quelques jours, un autre rythme de vie, notamment après la rupture du jeûne, des familles , venues des différentes localités avoisinantes se fixent rendez-vous au chef-lieu de wilaya pour effectuer leurs achats, loin de la chaleur caniculaire de la journée, dans des magasins spécialisés dans la vente d'effets vestimentaires et autres étals ouverts conjoncturellement à cet effet. Les prix différent d'un lieu à un autre, mais restent toutefois exorbitants, en dehors de la normale. Difficile de joindre les deux bouts, c'est l'aveu de nombreuses personnes accostées pour donner leur avis. Un pantalon pour enfant est cédé entre 800 et 1800 DA, des souliers, baskets entre 1500 et 3 000 DA. De nombreuses familles se rabattent sur le marché de la friperie, plus accessible même si les vêtements vendus sont usagés. L'essentiel pour ces chefs de famille est de gérer leur modeste bourse et laisser quelques bribes pour le jour de l'Aïd et la rentrée scolaire. Une mère de famille, enseignante de son état, nous dira à ce sujet : «Il difficile de joindre les deux bouts, je suis enseignante au même titre que mon époux, j'ai deux enfants âgés de 11 et 16 ans, j'avoue que j'ai du mal à les vêtir d'autant qu'ils choisissent eux mêmes leurs habits, j'ai déjà déboursé 12 000 DA pour l'achat de deux paires de souliers et deux pantalons, il me reste à négocier deux autres tricots. Je dois économiser un peut d'argent pour les gâteaux et le repas de l'Aïd, tout cela sans parler de la rentrée scolaire avec son lot de dépenses. Que Dieu ait pitié de nous, il faudrait un fonds de solidarité pour s'en sortir. Que dire des nécessiteux, les chômeurs et les orphelins ' Dieu seul sait qu'ils sont nombreux à ne savourer ni le Ramadan ni la fête de l'Aïd.» Cependant, la ville de Bouira grouille de monde jusqu'à une heure tardive de la nuit. Les deux attentats à la bombe en plein centre-ville évités de justesse grâce à la vigilance des citoyens n'ont pas changer les habitudes des citoyens qui refusent d'abdiquer face au diktat des terroristes. Même topo du côté du marché de fruits et légumes, c'est aussi la flambée, le kilogramme de tomate est vendu entre 60 et 80 DA, celui de courgette varie entre 40 et 50 DA, la carotte à 40 DA, la pomme de terre est cédée entre 40 et 50 DA, les dattes entre 400 et 600 DA. Quant à la viande rouge et la volaille, leurs prix sont hors de portée. Chacun se jette la responsabilité de cette flambée durant un mois sensé être celui de la piété, une flambée chèrement pays par le seul consommateur. La protection du consommateur reste une vaine chose dans notre pays.
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