Bouira - A la une

Les maquignons font florès



Les maquignons font florès
Les éleveurs accusent les intermédiaires d'être responsables de la hausse des prix.Dans quelques jours, les maigres bourses seront mises une nouvelle fois à rude épreuve. La raison essentielle reste les fêtes de l'Aïd el Adha. En voyant le prix du mouton prendre son envol, on se demande s'il reste quelque chose de religieux dans ce rite. Tous les préceptes véhiculés par cette célébration religieuse ont disparu, laissant place à la concurrence au plus grand «kebch».
L'animal a fini par devenir une référence et un signe ostentatoire de la puissance de l'argent quand il n'est pas un signe d'orgueil. D'année en année, la fête prend plus d'allure et marque plus d'écart entre les couches de la société. Nombreux sont ceux qui, cette année, ne sacrifieront pas le mouton. Les prix affichés depuis une semaine découragent les plus téméraires et chaque partie rejette le tort sur l'autre.
Les éleveurs accusent les intermédiaires quand ces derniers mettent la hausse sur le dos des premiers. Dans ces accusations réciproques, le petit fonctionnaire tentera de trouver une issue pour échapper à la pression des enfants, aux dires des voisins. Certains recourront à l'emprunt, alors que la religion bannit cette pratique puisque le sacrifice n'est une obligation que pour les plus nantis. Parce que la notion de partage a laissé place à l'égoïsme, rares sont ceux qui offriront la moitié du mouton aux démunis comme le veut la tradition. Dans ces tentatives pour faire face et éviter l'affront, il y a l'association. Ce qui par le passé était une pratique exclusive dans les villages, elle a fini par s'étendre. Des quartiers entiers s'associent et achètent des boeufs sans aucune référence religieuse. Selon un imam, le recours au boeuf est régi par des conditions comme le nombre qui ne doit pas excéder sept membres, et que ces personnes soient liées par une parenté, voire vivre sous le même toit. En faisant fi de ces règles, les concernés montrent qu'il s'agit plus d'un sacrifice pour de la viande que par obéissance à la sunna. L'espoir demeure entier. Depuis le dernier marché à Bouira, l'offre dépasse de loin la demande. Cette tendance peut influer sur les prix d'où l'attente et l'immobilisme des clients. Samedi dernier, les prix avaient subi une nette baisse comparativement aux 15 jours précédents.
En effet, un mouton d'une trentaine de kilos coûte environ 30 à 33.000 DA. «C'est trop cher, mais que voulez-vous, quand on a des enfants», nous confiera un citoyen au marché à bétail de Bouira. La situation est une aubaine pour les bouchers qui ont commencé à recevoir les commandes d'abats et de tripes, avec bien sûr, le fameux bouzelouf. Là aussi, les prix sont revus à la hausse et une tête et 4 pieds coûtent entre 1200 et 1500 DA. «L'Aïd est une occasion unique pour manger de la viande une fois dans l'année. Le sacrifice vaut la peine», ajoutera notre interlocuteur. Pour un autre, potentiel acheteur rencontré sur les lieux, l'heure était aux questions. «Nous entendons les responsables parler de stratégie, d'aide aux paysans, de milliards consentis au secteur, mais on ne voit pas les résultats et l'impact de ces sommes sur le simple citoyen.» La réponse à cette inquiétude est toute prête, puisque les experts attribuent le phénomène à la contrebande.
Le fameux mouton de Ouled Naïl et Ouled Djelal, dont la réputation a dépassé nos frontières, va dans les pays voisins. Comme à chaque occasion, une catégorie de personnes se sucre sur le dos des honnêtes gens. Dans ces marchés juteux, nombreux sont ceux qui se reconvertissent du jour au lendemain en maquignons. Même une grande enseigne commerciale installée à Bouira propose des bêtes sur pied. «Où sont les services de contrôle et des impôts'» s'interroge notre interlocuteur.
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