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Les entrepreneurs de Bouira au bord de la faillite



Les entrepreneurs de Bouira au bord de la faillite
Les assurances du wali de Bouira quant au règlement de la situation financière de certains entrepreneurs sont restées lettre morte. C'est du moins ce qu'affirment nombre de chefs d'entreprise activant dans le BTPH. Pour rappel, au mois de novembre 2016, le premier magistrat de la wilaya avait affirmé à Liberté qu'il "veillait personnellement à ce que leurs situations soient assainies dans les meilleurs délais", tout en précisant qu'il était en train d'"?uvrer de manière soutenue" pour le paiement des entreprises, notamment ayant en charge des projets publics. Il avait également assuré que lui et son staff "travaillent d'arrache pied", dans le but d'accélérer le paiement des entrepreneurs. Trois mois plus tard, c'est le statu quo qui prédomine, à en croire les entrepreneurs de la région.Ces derniers, du moins l'écrasante majorité, sont en situation très délicate, voire dans certains cas déficitaires, à cause de la crise économique qui secoue le pays. Toutefois, il ne faudrait pas se leurrer, le wali n'y est pour rien dans cette situation. C'est plutôt la stratégie du gouvernement à travers les dispositions drastiques de la LF 2017 qui est à l'origine de l'asphyxie des entreprises, notamment celle du bâtiment. En effet, la plus grosse coupe budgétaire est supportée par les investissements publics. Dans le budget 2017, les dépenses d'équipement ont dégringolé de près de 30%, passant à 2 291,4 milliards de DA en 2017 contre 3 176,8 milliards de DA en 2016. Conséquence directe de cette austérité "déguisée" en rationalisation des dépenses, les carnets de commandes peinent à se remplir, les entreprises tournent presque à vide et sont littéralement écrasées sous le poids des diverses charges.En effet, certains entrepreneurs chargés de la réalisation de projets étatiques ne cachent plus leurs appréhensions et leur crainte de devoir mettre la clef sous le paillasson en raison notamment des retards dans le règlement des situations de la part des organismes ordonnateurs de services. "Je suis au bord de la faillite. Je travaille à perte depuis le mois de mars 2016 et les services de la wilaya rechignent à me faire passer mes avenants", s'inquiétera un gestionnaire d'une entreprise de BTPH.Selon un autre entrepreneur de Lakhdaria, travaillant pour le compte de l'Agence foncière, l'austérité qui frappe le pays l'a carrément "brisé". "Depuis juin 2016, les services du Trésor public sont à court d'argent. J'ai l'impression de quémander, alors que je ne demande que mon dû", a-t-il déclaré. Et d'ajouter : "En dépit des décisions de paiement de crédit par les donneurs d'ordre, le Trésor n'a plus d'argent pour payer les entreprises engagées dans la réalisation des projets publics."Hakim Damou, l'un des plus importants entrepreneurs de la wilaya et qui est également vice-président de la Confédération générale du patronnat, assure qu'il éprouve certaines difficultés pour faire passer ses situations : "Nous faisons face à des retards énormes pour nous faire payer. C'est assez difficile à gérer."Néanmoins, il dit "comprendre la situation", tout en rappelant au wali ses engagements afin d'accélérer le paiement des entreprises en difficulté. Qui dit manque de liquidités, dit, nécessairement, projets à l'arrêt. En effet, nombre de projets, notamment ceux des logements LPA et LPL, sont en "stand-by" à Bouira.Ainsi, les travaux des 50 logements LPL de Bir Ghbalou, au même titre que les 330 logements de Kadiria et des 60 logements LPL de Sour El-Ghozlane, sont totalement à l'arrêt du fait de cette crise qui affecte le secteur du BTPH. "Les entreprises réalisant des projets publics dans les secteurs de l'habitat n'ont pas perçu leur argent depuis fin 2015 et sont confrontées à la rareté des projets publics", explique un chef d'entreprise de BTPH de la commune de Sour El-Ghozlane.Quand on sait que le secteur du bâtiment est l'un des plus importants pourvoyeurs d'emplois et l'un des moteurs de la croissance du pays, sa "panne", à long terme, aura sans doute des conséquences désastreuses.Ramdane Bourahla
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